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«On n'a pas bossé depuis le matin» : à Aubervilliers, les commerçants pris au piège des violences urbaines

Derrière une barricade dressée à la hâte avec des palettes, des barrières métalliques et des pneus, trois jeunes hommes alimentent un feu de poubelle. [Armand Gesquière / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

À Aubervilliers, la mobilisation lycéenne a de nouveau dégénéré vendredi, avec des affrontements entre les forces de l'ordre et des groupes de jeunes. Barricades en feu, tirs de mortiers et commerces contraints de fermer : habitants et commerçants racontent une journée sous haute tension.

Une image marquante à Belfort. Lors de cette nouvelle journée de violences urbaines, vendredi, un policier en civil a été violemment projeté au sol et tabassé par un groupe de jeunes. Une scène de chaos comme celle qu'on a vue également en Seine-Saint-Denis, à Aubervilliers notamment, où les blocages se sont transformés en véritables affrontements entre jeunes délinquants.

Derrière une barricade dressée à la hâte avec des palettes, des barrières métalliques et des pneus, trois jeunes hommes alimentent un feu de poubelle avec ce qu'ils ont trouvé sur un chantier voisin. Les flammes prennent de la hauteur quand policiers et gendarmes chargent. Trois sommations, puis des tirs de gaz lacrymogènes. L'avenue Jean Jaurès est noyée dans un nuage irrespirable.

"Il n'y a plus d'activité"

Les larmes aux yeux, Gaylord, agent de sécurité du magasin voisin, s'engouffre dans son hall d'immeuble. "Tous les rideaux sont baissés, donc il n'y a plus d'activité. Là, ça tire un peu partout, il y a des travaux ici. Ils ont barricadé partout. Nous, on n'a pas bossé depuis le matin. Je ne comprends pas. Pourquoi on est arrivé jusqu'à ce point ? Ce n'est pas normal", déplore-t-il.

Rideau baissé comme la plupart des commerces de la rue. Une journée de perdue pour le salon de coiffure de Karim. "Ils font de la m**de et nous, on ne travaille pas. Qui est-ce qui va payer ? C'est nous. C'est les commerçants. Des employés ne travaillent pas. On a des charges à payer", dénonce le coiffeur.