Selon des informations d'Europe 1, l'ensemble des préfets ont reçu un télégramme du ministère de l'Intérieur leur indiquant de possibles débordements à venir pour les manifestations du 1er-Mai. Invité de La Grande interview Europe 1-Cnews, Frédéric Péchenard rappelle que le phénomène des black blocs a toujours existé dans les cortèges.
Près de 200.000 personnes sont attendues dans les rues, à travers la France, en 1er-Mai pour la traditionnelle manifestation de la Fête des Travailleurs et des Travailleuses. Toutefois, les défilés pourraient être perturbés par la présence de black blocs, comme le confirme un télégramme de Laurent Nuñez envoyé aux préfets, les prévenant de possibles troubles à l'ordre public ce vendredi.
Invité de La Grande interview Europe 1-Cnews, Frédéric Péchenard, vice-président LR de la région Île-de-France et ancien directeur général de la police nationale, a confirmé cette crainte. "On redoute les débordements et malheureusement, ça va arriver selon toute vraisemblance", a-t-il déclaré.
"99% des manifestations se passent bien"
S'il rappelle que sur 35.000 manifestations chaque année en France, "99% se passent parfaitement bien", la présence d'éléments violents ce 1er-Mai semble inévitable.
"Bien sûr, il y aura probablement de la violence dans les cortèges. Si le ministère de l'Intérieur a appelé les préfets à faire attention, c'est que les services de renseignement ont attiré son attention sur le fait qu'il y a un certain nombre de black blocs, de militants radicaux qui sont la plupart du temps liés à l'ultra-gauche, qui viennent non pas pour manifester, mais pour casser et pour affronter les forces de l'ordre."
Frédéric Péchenard a déploré le manque de liaison entre les services de police et de la justice lors de l'interpellation des personnes violentes en manifestation.
"Nous n'avons pas une bonne pratique de la judiciarisation du maintien de l'ordre. C'est-à-dire que bien souvent, les procédures de maintien de l'ordre passent au deuxième plan, puisque la priorité, c'est de permettre à la manifestation de continuer, c'est d'interpeller les gens, mais après, pour qu'ils soient condamnés, il faut matérialiser le fait qu'ils aient commis une infraction. Et c'est là où parfois ça pêche un petit peu", a-t-il conclu.