Nouvelle-Calédonie : la "grande case" du Sénat coutumier incendiée

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La maison traditionnelle était réservée aux cérémonies et à l'accueil des personnalités en visite.
La maison traditionnelle était réservée aux cérémonies et à l'accueil des personnalités en visite. © Lionel BONAVENTURE / AFP
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La case du Sénat coutumier a été incendiée samedi soir en Nouvelle-Calédonie, à moins de deux mois d'un référendum sur l'indépendance. Un suspect a été interpellé et est actuellement interrogé par la police.

La case (maison traditionnelle) du Sénat coutumier, où siègent les représentants des chefferies kanak, a été incendiée samedi soir en Nouvelle-Calédonie, suscitant une vive émotion à moins de deux mois d'un référendum sur l'indépendance.

"Dans la soirée du samedi 8 août aux alentours de 22 heures, la case du Sénat coutumier a fait l'objet d'un incendie volontaire qui l'a entièrement détruite", a indiqué dans un communiqué le haut-commissariat de la République. Un suspect a été interpellé et est actuellement interrogé par la police.

Une maison traditionnelle réservée aux cérémonies

Situé dans le quartier de Nouville à Nouméa, l'institution consultative abrite seize sénateurs kanak, représentant les huit aires coutumières de Nouvelle-Calédonie. A côté des bâtiments en dur, le Sénat coutumier possédait une grande maison traditionnelle, réservée aux cérémonies et à l'accueil des personnalités en visite.

Le haut-commissaire Laurent Prévost a fait "part de sa vive émotion devant la destruction de ce lieu emblématique" et "a fermement condamné cet acte qui porte atteinte à l'institution coutumière et au-delà à une institution de la Nouvelle-Calédonie". Il a précisé que le ministre des Outre-Mer, Sébastien Lecornu, avait été "tenu informé de cet incendie volontaire" et qu'il faisait part "de son émotion et de son soutien au président du Sénat coutumier, Hippolyte Sinewami". Sur les ondes Nouvelle-Calédonie 1ère, ce dernier a exprimé "son profond désarroi face à cet acte isolé qui touche une structure symbolique".

"Nous attendons les résultats de l'enquête suite à l'arrestation d'un suspect et on appelle au calme", a également indiqué M.Sinewami, dont le mandat d'un an à la présidence de l'institution s'achève à la fin du mois.

Un climat politique tendu

La présidente de la province sud, Sonia Backés (droite), a fait de "sa consternation" sur sa page Facebook et a condamné cet "acte criminel" tandis que le député Philippe Gomes (UDI) a déploré la destruction "de la porte d'entrée du pays (...) espace de dialogue entre kanak mais aussi de rencontres avec les différentes composantes du peuple calédonien".

Cet incendie intervient après qu'une bache aux couleurs tricolores déroulée sur la façade de la Province sud et que le "faré" (construction polynésienne) d'une piscine de Nouméa ont également été brûlés au cours des dernières semaines.

Ces incidents contribuent à tendre le climat politique en Nouvelle-Calédonie où se tiendra le 4 octobre prochain un deuxième référendum d'autodétermination, dans le cadre du processus de décolonisation de l'accord de Nouméa (1998). Un premier scrutin, le 4 novembre 2018, avait été remporté par les partisans du maintien de l'archipel dans la République française, avec 56,7% des voix.