"Nouveaux recours" des parents de Vincent Lambert lundi contre l'arrêt programmé des soins

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Le médecin traitant de Vincent Lambert a annoncé le 11 mai dernier un arrêt des soins dans la semaine du 20 mai.
Le médecin traitant de Vincent Lambert a annoncé le 11 mai dernier un arrêt des soins dans la semaine du 20 mai. © AFP/COURTESY OF THE LAMBERT FAMILY
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A la veille du début de l'arrêt des traitements annoncés par le médecin traitant de Vincent Lambert, ses parents ont annoncé de "nouveaux recours" pour s'y opposer. 

Les parents de Vincent Lambert, patient tétraplégique en état végétatif depuis plus de dix ans, vont déposer de "nouveaux recours" lundi, jour du début programmé de l'arrêt des traitements auquel ils s'opposent, ont annoncé leurs avocats dimanche sans plus de précisions.

"Les parents de Vincent Lambert saisissent également les autorités et tribunaux compétents d'une plainte disciplinaire aux fins de radiation du docteur Sanchez ainsi que de poursuites pénales à son encontre", ajoutent dans un communiqué Jean Paillot et Jérôme Triomphe, à propos du médecin dirigeant le service des soins palliatifs et l'unité "cérébrolésés" de l'hôpital Sébastopol de Reims où il est hospitalisé. Après la validation par le Conseil d'Etat fin avril de la décision médicale d'arrêter l'alimentation et l'hydratation, le Dr Vincent Sanchez a annoncé à la famille l'arrêt des soins la semaine du 20 mai.

Les avocats des parents ont depuis saisi un organisme de l'ONU, le Comité des droits des personnes handicapées (CDPH), qui a demandé à la France de ne pas suspendre les soins dans l'attente de l'examen du dossier sur le fond par ses soins. Mais la France répète que ces mesures conservatoires "sont dépourvues de caractère contraignant" et met en avant le "droit du patient à ne pas subir d'obstination déraisonnable".Samedi, les avocats des parents ont aussi imploré Emmanuel Macron de faire maintenir les traitements dans une lettre ouverte, qualifiant la mort programmée du patient de "crime d'Etat commis au prix d'un coup de force contre l'Etat de droit".

Ils entendent faire "respecter les mesures provisoires réclamées par l'ONU" 

Avec ces "nouveaux recours dès lundi", ils entendent faire "respecter les mesures provisoires réclamées à deux reprises par l'ONU et dont le défenseur des Droits a rappelé le caractère obligatoire". Un message que les parents du patient reprendront dimanche après-midi devant l'hôpital Sébastopol où ils ont appelé à un rassemblement pour "supplier" les médecins "de continuer à nourrir et hydrater" leurs fils. Ancien infirmier psychiatrique, Vincent Lambert se trouve depuis plus de dix ans en état végétatif à la suite d'un accident de la route survenu en septembre 2008, quand il avait 32 ans.

L'affaire, devenue le symbole du débat sur la fin de vie en France, déchire sa famille depuis six ans: d'un côté, les parents, un frère et une sœur s'opposent à l'arrêt des soins; de l'autre, son épouse Rachel, son neveu François et cinq frères et sœurs du patient dénoncent un "acharnement thérapeutique".