Notre-Dame-des-Landes : l'attribution des terres agricoles pas définitivement solutionnée

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Agriculteurs et zadistes ont manifester devant la préfecture pour réclamer les terres encore disponibles © SEBASTIEN SALOM GOMIS / AFP
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Sur les 1.425 hectares de terres agricoles à examiner après l'abandon du projet d'aéroport de Notre-dame-des-Landes, en Loire-Atlantique, le sort de 50 d'entre eux restent encore à déterminer.

À Notre-Dame-des-Landes, les conflits opposant des agriculteurs aux zadistes désireux d'exploiter les terres rendues disponibles par l'abandon du projet d'aéroport tendent à diminuer, mais une réunion vendredi à la préfecture n'a pas permis de régler définitivement la question de l'attribution des terres agricoles.

Encore 50 hectares qui posent problème. Quelque 50 hectares, sur une zone de 1.425 hectares, continuent de poser problème, selon la préfète des Pays de la Loire, Nicole Klein. Dix mois après l'abandon du projet d'aéroport et un printemps marqué par des expulsions, l'intégralité de la zone d'aménagement différé (ZAD), rebaptisée "zone à défendre" par les opposants, est encore en attente d'un statut pérenne.

La question de la propriété des terres (presque) réglée. Le comité de pilotage (COPIL) organisé vendredi à Nantes et qui réunissait syndicats agricoles, élus et fonctionnaires de la préfecture a toutefois permis d'avancer sur un point crucial : la propriété des terres. Celles-ci appartiennent à l'État qui les avaient achetées pour construire l'aéroport, mais seront rétrocédées au département de Loire-Atlantique "au 1er trimestre 2019", a annoncé la préfecture.

Il s'agit de la vaste majorité de la zone (895 hectares) dont le département était propriétaire jusqu'en 2012 et sur lequel il va donc rapidement retrouver sa capacité à signer des baux pour régulariser les projets agricoles. Et agriculteurs et zadistes réclament ces baux le plus rapidement possible.

170 hectares de terres régularisés. Pour l'heure, 13 projets agricoles portés par des "zadistes" ont été régularisés dans le cadre de "Conventions d'occupation précaire" (COP), comme celui porté par Amalia. Ces projets ne représentent que 170 hectares au total, et 8 des porteurs de projets sont titulaires de diplômes agricoles, a souligné Nicole Klein. "On ne se prononce pas sur une légitimité par rapport à une autre", a-t-elle toutefois souligné, insistant sur le fait qu'"il y aura des baux pour tous ceux qui sont dans la légalité".

Une manifestation de zadistes... "Il faut pouvoir se projeter dans l'agriculture, on a une activité où on ne peut pas travailler d'année en année", a insisté Amalia, expliquant avoir besoin d'une vision à plus long terme pour son troupeau de brebis, installé sur la ZAD depuis 2014. Aux côtés de cette jeune femme, quelque 400 manifestants étaient venus devant la préfecture pour "défendre un avenir commun sur le bocage".

Poules, poussins, moutons et lapins : une mini-ferme a été installée durant le rassemblement, qui a aussi vu les abords de la préfecture agrémentés de branches d'arbres avec une pancarte demandant : "Qui sont-ils pour juger du sort de nos forêts ?" 

... et d'agriculteurs. Une cinquantaine de tracteurs avaient aussi été garés par des agriculteurs de toute la région, comme Alain Prin venu réclamer que "les terres disponibles soient partiellement redistribuées à des jeunes qui ont des projets en agriculture biologique sur des petites surfaces plutôt qu'à l'agrandissement de l'agriculture chimique".

Outre celles les zadistes, les réclamations d'agriculteurs qui exploitaient des terres louées sur la zone de longue date étaient aussi examinées par le COPIL, dont le prochain rendez-vous a été fixé à mi-février. Ces derniers avaient souvent été contraints de renoncer à leurs terres en acceptant des indemnités versées par les porteurs du projet d'aéroport. Aujourd'hui, ils insistent sur le fait d'avoir besoin de terres qu'ils ont longtemps louées légalement, mais les zadistes leur reprochent de vouloir "le beurre et l'argent du beurre" et de ne pas avoir défendu les terres contre l'aéroport.