Mort de Naomi : Patrick Pelloux appelle à repenser l'organisation des premiers secours

, modifié à
  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
Partagez sur :

L’urgentiste Patrick Pelloux appelle mercredi sur Europe 1 à repenser de manière "structurelle" l’organisation des structures d'urgence en France, après la mort de Naomi Musenga.

INTERVIEW

Après la mort d’une jeune femme à Strasbourg fin décembre qui n’a pas été prise en charge à temps par le Samu, l’urgentiste Patrick Pelloux appelle à revoir complètement le service des urgences. L’assistante de régulation du Samu et la sapeur-pompier qui avaient répondu à l’appel de Naomi Musenga "portent l’exercice des secours, donc c’est toute la profession qui se sent responsable" de ce drame, a estimé mercredi dans Europe Soir Patrick Pelloux, président de l’Association des médecins urgentistes de France.  

30 millions d’appels chaque année. La prise en charge des patients au Samu "ne s’est pas dégradée, parce qu’on tient la ligne, c’est le rôle régalien de l’Etat (…) Mais on a beaucoup plus de travail qu’avant", souligne Patrick Pelloux. Le Samu reçoit en effet trois fois plus d’appels qu’il y a 30 ans, à raison de 30 millions d’appels par an. Un chiffre quasi-similaire chez les pompiers. "Il y a des dysfonctionnements, et alors qu’on tient avec des effectifs constants (…) Mais là, c’est plus qu’un dysfonctionnement, c’est un drame total. C’est un tremblement de terre dans notre réflexion et notre analyse de ce qu’on fait au quotidien dans les services d’urgences et au Samu."

Repenser l’organisation des secours en France. Ainsi, Patrick Pelloux suggère de repenser l’organisation des services d'urgences et des secours en France : "30 millions d’appels, comment on gère ça ? Quels sont les critères qui font qu’on répond au téléphone au Samu ? Et pendant combien de temps ? 12 heures, c’est impossible… On fait les trois-huit ? Et comment on peut mieux travailler en coopération avec les pompiers et les médecins. Il faut mettre tout cela sur la table", énumère-t-il, en parlant d’une question "organisationnelle et structurelle".

Rappelant que 21 millions de personnes passent par les urgences chaque année, Patrick Pelloux invite à "inventer de nouvelles choses pour être contemporain" de notre société, avec l’espoir de "ne pas avoir à nouveau un tel drame".