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Mobilisation du 24 octobre : avec la crainte de nouvelles émeutes, les commerçants bordelais se protègent et hésitent à ouvrir boutique

À la veille de l'acte II de la mobilisation, les commerçants vivent dans l'angoisse de voir leur magasin pris pour cible. Près de 2.300 magasins avaient été pillés à travers le pays la semaine dernière. Ce samedi, faut-il tout faire pour rester ouvert ou baisser le rideau malgré les conséquences économiques désastreuses ? Reportage de l'envoyé spécial d'Europe 1 à Bordeaux. 

Dans sa boutique de prêt-à-porter en centre-ville de Bordeaux, Leslie a frôlé le drame ce week-end : "Samedi dernier, c'était vraiment très dangereux ici, on avait le feu juste à côté". 

Alors cette fois-ci, elle va barricader sa boutique qui restera fermée : "J'ai dû attraper des panneaux de bois dans la réserve pour pouvoir protéger la vitrine. On les a glissés entre la grille et la vitre pour essayer de protéger un maximum". 

"Je n'ai pas envie de capituler"

Se protéger tout en choisissant d'ouvrir, c'est le pari de David, vendeur de téléphone : "Si ça pète, on ferme. Et puis, s'ils rentrent, on s'en va. On improvise, on va voir. On va essayer de lutter contre la terreur parce que, moi, je n'ai pas envie de me faire dicter la loi par des gens qui veulent se mêler à la terreur. Je n'ai pas envie de capituler". 

Une ouverture qui ne sera pas possible en revanche pour cette directrice de magasin. Sa boutique a été entièrement pillée, elle va tout de même devoir la protéger : "On a barricadé une partie. On a laissé une vitre ouverte pour qu'ils puissent voir qu'il n'y a rien", raconte-t-elle. 

De plus, sa boutique "essaye de mettre des moyens en place pour limiter la casse. Maintenant, on est à l'abri de rien et de ce qu'on nous annonce, on a quand même très peur". Pour éviter un nouveau saccage ce samedi, la préfecture envisage d'interdire les manifestations en hypercentre ville.