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Mobilisation du 17 octobre : l'hôtel de ville de Limoges, incendié, «en grande partie perdu»

Mobilisation du 17 octobre : l'hôtel de ville de Limoges, incendié, «en grande partie perdu» [Elise Cabane / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Un incendie s'est déclaré dans l'hôtel de ville de Limoges lors de la mobilisation contre la vie chère dans la ville ce samedi. Le maire de la commune et le préfet ont annoncé dans la soirée que l'édifice est "très lourdement endommagé" et "en grande partie perdu". 

L'hôtel de ville de Limoges, édifice du 19e siècle incendié par des individus radicaux samedi en fin de manifestation, est "très lourdement endommagé" et "en grande partie perdu", ont estimé dans la soirée le maire de la commune et le préfet de Haute-Vienne.

"Le toit s'est effondré sur les étages inférieurs, sauf dans l'aile ouest, et les deux tiers de la façade ont déjà disparu", a déclaré à l'AFP le représentant de l'État, Maurice Barate, évoquant une "catastrophe patrimoniale" et dénonçant un "acte volontaire de casseurs, pas de manifestants".

"Le beffroi s'est effondré"

"Ils ont mis le feu à un bâtiment dans lequel se trouvaient des personnes, des élus, des policiers municipaux et des agents dans les services", a-t-il souligné, précisant qu'aucun n'a été blessé.

"Le feu est en train de continuer d'avancer, le vent en plus n'aide pas, le beffroi s'est effondré tout à l'heure, donc la mairie est très très lourdement endommagée", a complété le maire, Guillaume Guérin (LR), très ému, lors d'une conférence de presse dans les locaux de la métropole, qu'il préside.

Sur place, des centaines de personnes regardaient, entre colère et désarroi, le brasier ravager l'édifice inauguré en 1883 et à l'architecture inspirée de l'hôtel de ville de Paris. Une employée de la mairie était en pleurs dans les bras d'une élue.

Environ 5.000 personnes, dont plusieurs centaines d'individus "radicalisés et extrêmement violents" selon le préfet, ont participé à la manifestation organisée dans le cadre de la journée nationale de mobilisation.

"Les policiers nationaux n'avaient plus suffisamment de moyens de désencerclement"

De premiers heurts ont opposé ces derniers aux forces de l'ordre, qui ont fait face à "une pluie de projectiles", aux abords de l'autoroute que la foule cherchait à investir. "Des automobilistes ont été pris à partie, un pare-brise cassé", a détaillé le préfet.

La mairie a ensuite été prise pour cible, des individus brisant des vitres pour s'introduire à l'intérieur et mettre le feu, avant de s'attaquer à la préfecture, tandis que "des pillards d'opportunité" s'en prenaient à des commerces du centre-ville, selon la même source.

"Les policiers nationaux n'avaient plus suffisamment de moyens de désencerclement, ils n'avaient plus la capacité de contenir le millier de fous furieux, anarchos, d'ultra-gauche, de nervis sur les boulevards", a fustigé Guillaume Guérin.

Selon lui, des policiers municipaux ont réussi à s'extraire de la mairie "au moment où ces barbares sont rentrés en leur expliquant qu'ils allaient les tuer (...) ce sont les termes qui ont été utilisés ce soir". "Il y a des responsabilités qu'il faudra aller chercher mais en tout cas elles ne sont pas du côté des policiers."

"Ce n'est pas de la bêtise, c'est de la haine, c'est de la haine du drapeau français (...) C'est la haine des institutions, c'est la haine des proviseurs de lycées, c'est la haine des flics, c'est la haine des élus, c'est la haine de tout ce qui incarne l'autorité. Ce n'est pas des petits délinquants qui ont fait ça, ce sont des gens très méthodiques", a martelé l'édile.

Quatre voitures de la police nationale et deux de la police municipale ont été brûlées ou fortement endommagées lors de ces violences.