Meurtre d'Arthur Noyer : 30 ans de réclusion requis contre Nordahl Lelandais

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30 ans de réclusion ont été requis contre Nordahl Lelandais mardi dans l'affaire du meurtre d'Arthur Noyer. 1:40
30 ans de réclusion ont été requis contre Nordahl Lelandais mardi dans l'affaire du meurtre d'Arthur Noyer. © PHILIPPE DESMAZES / AFP
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Une peine de trente ans de réclusion criminelle, assortie d'une période de sûreté des deux tiers, a été requise mardi contre Nordahl Lelandais pour le meurtre d'Arthur Noyer par le parquet général de Chambéry, soit la peine maximale encourue. La procureure générale a soutenu devant la cour la "volonté de tuer" du prévenu.

"Pas de scène de crime, pas de corps ou si peu... On ne sait pas, parce que Nordahl Lelandais fait en sorte qu’on ne sache pas". La procureure générale, Thérèse Brunisso, a soutenu mardi devant la cour la "volonté de tuer" de Nordahl Lelandais. C'est la peine maximale encourue, soit une peine de trente ans de réclusion criminelle, assortie d'une période de sûreté des deux tiers, qui a été requise contre lui pour le meurtre d'Arthur Noyer par le parquet général de Chambéry. La mère d'Arthur a confié à Europe 1 avoir jugé ce réquisitoire "à la hauteur" de ses espérances.

"Pourquoi le mener dans cette commune ?"

La magistrate, qui estime que Nordahl Lelandais est un homme dangereux pour ses semblables, a battu en brèche la version de la défense d’une bagarre qui a mal tourné. "On sait avec certitude que le caporal Noyer voulait rentrer à la caserne", poursuit l’avocate générale. "Il n’a rien à faire à Saint-Baldoph, aucun ami, aucune raison de demander à Nordahl Lelandais de le déposer en stop à cet endroit. Pourquoi le mener dans cette commune, si ce n’est pour espérer une relation sexuelle ? Je ne vois pas d’autre mobile".

Pendant ce temps, le maître chien de 38 ans est resté impassible dans son box. Pour la magistrate la "volonté de tuer" saute aux yeux, "son acharnement sur un homme vulnérable qui mesure 13cm de moins, pèse 15kg de moins, signe l’intention de tuer," tout comme la dissimulation du corps et son comportement dans les trois jours qui suivent : sortie au cinéma, en discothèque, relations sexuelles... 

Cécile Noyer, la mère d’Arthur, a paru soulagée à la sortie de d’audience. "Nous, c'est ce qu'on dit depuis le départ : on ne tue pas par accident, en continuant à vivre comme si de rien n'était. On a été entendus, son réquisitoire est à la hauteur de ce qu'on espérait", a-t-elle confié à Europe 1.

"Un homme qui a tué malgré lui recommencerait-il à tuer quelques mois plus tard ?

L’avocate générale a conclu son réquisitoire sur le dossier Maelys : "Un homme qui a tué malgré lui, recommencerait-il à tuer quelques mois plus tard ? La réponse est non." Un réquisitoire implacable que les avocats de Nordahl Lelandais vont avoir du mal à faire oublier dans leur plaidoirie cet après midi.

Le jury, qui pourrait délibérer dès mardi soir après la plaidoirie de la défense, devra choisir de retenir l'homicide volontaire - et donc l'intention de tuer - ou les coups mortels, passibles de 15 ans de réclusion.

Europe 1
Par Marion Dubreuil, avec AFP, édité par Séverine Mermilliod