La colère monte chez les policiers après la mise en examen de quatre agents de la BAC marseillaise. 2:13
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Geoffrey Branger / Crédit photo : Xose Bouzas / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP , modifié à
À Marseille, quatre agents de la BAC sont soupçonnés d'avoir passé à tabac un jeune homme de 22 ans dans la nuit du 1er au 2 juillet. L'un d'eux a été placé en détention provisoire ce jeudi et les trois autres ont été mis sous contrôle judiciaire. De quoi déclencher la colère du syndicat Unité SGP Police chargé du sud qui souhaite la création d'une juridiction spécialisée.

Trois semaines après la mort du jeune Nahel, quatre policiers de la BAC marseillaise sont soupçonnés d'avoir passé à tabac Eddy, un jeune homme de 22 ans, alors qu'il sortait du travail. Il aurait reçu dans un premier temps un tir de LBD (lanceur de balle de défense) dans le crâne, avant de s'écrouler par terre et d'être roué de coups dans la nuit du 1er au 2 juillet. Les quatre agents ont été mis en examen ce jeudi pour "violences" en marge des émeutes qui se sont produites depuis juillet. 

"C'est vraiment insupportable"

L'un des policiers a dormi en prison après avoir été placé en détention provisoire. Le syndicat Unité SGP Police FO dénonce "un traitement dégradant et dangereux" et appelle tous les commissariats de France au service minimum. Ces derniers ne veulent pas être traités comme des criminels. Bruno Bartocetti, le secrétaire national du syndicat Unité SGP Police chargé de la zone sud, exprime son indignation au micro d'Europe 1. "Vous avez aujourd'hui des criminels, des pédophiles qui sont sous contrôle judiciaire et un policier dans l'exercice de sa profession se retrouve en détention provisoire. C'est vraiment insupportable !"

Le secrétaire national souhaite également la création d'une juridiction spécialisée. "On attend d'être considérés et d'être compris par certains magistrats qui ne sont pas forcément spécialisés dans notre domaine. Et on va au-delà. On demande qu'un policier, qui exerce son métier, ne soit jamais mis en détention provisoire, même si il y a une enquête en cours", ajoute Bruno Bartocetti. 

Deux options s'offrent alors aux forces de l'ordre : se mettre en arrêt maladie ou bien suivre cet appel au service minimum, c'est-à-dire uniquement intervenir en cas d'urgence. Il reste désormais deux interrogations : combien de commissariats suivront le mouvement, mais aussi quels seront les autres moyens utilisés par les policiers pour monter leur mécontentement ? Sur les quatre policiers soupçonnés de violences, l'un a été incarcéré et les trois autres sont sous contrôle judiciaire, avec interdiction d'exercer, mais aussi d'entrer en contact avec la victime.