Marlène Schiappa : un an après #MeToo, "ce qui a changé, c’est la libération de la parole des femmes"

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La secrétaire d’État chargée de l’Égalité femmes-hommes se réjouit sur Europe 1 de constater que les violences faites aux femmes sont devenues "un sujet que l'on prend au sérieux".
INTERVIEW

Un an après le début du mouvement #MeToo, "ce qui a changé, c’est la libération de la parole des femmes et surtout que la société les écoute", s'est réjoui Marlène Schiappa, la secrétaire d’État chargée de l’Égalité femmes-hommes, au micro de Matthieu Belliard sur Europe 1. "Tout d’un coup, les violences sexuelles sont devenues un sujet discuté. C’est déjà un progrès énorme", estime de son côté Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des Femmes, toujours sur Europe 1.

Avalanche de plaintes en France. "C'est un sujet que l'on prend au sérieux", se félicite Marlène Schiappa, soulignant que la libération de la parole des femmes est une réalité en France : "#MeToo est un phénomène mondial mais il n'y a qu'en France que l'on a vu +34% de plaintes pour viol et agression sexuelle sur le dernier trimestre 2017". Sur l'année entière, le nombre de plaintes a augmenté de 23%. "Cela ne s'était jamais vu avant", assure pour sa part Anne-Cécile Mailfert.

Ces chiffres s'expliquent par le fait que "le gouvernement a pris fait et cause pour ces femmes", estime Marlène Schiappa, qui se félicite : "Le président de la République a lancé, comme il s'y était engagé auparavant, la grande cause du quinquennat pour l'égalité entre les femmes et les hommes."

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"Encore des progrès à faire." Mais "il ne faut pas s’attendre à ce que les choses changent radicalement en un an" car "les phénomènes de violences sexistes et sexuelles existent depuis des siècles", tempère la secrétaire d'État.

Une vision que partage Anne-Cécile Mailfert, qui souligne que 55% des femmes disent avoir été reçues de façon insatisfaisante lorsqu'elles sont allées porter plainte. Par ailleurs, la présidente de la Fédération des femmes rappelle que les standards des différentes associations sont saturés d'appels.

"Il faut qu'il y ait un réveil citoyen". Sur ce sujet des standards saturés, Marlène Schiappa assure essayer "de faire davantage connaître" le 3919, le numéro d'écoute des femmes victimes de violences. Elle explique avoir travaillé avec la Fédération nationale solidarité femmes, "l'association qui gère le 3919", afin que cette dernière soit en mesure de prendre en charge 100% des appels qu'elle reçoit. "Le gouvernement fait tout ce qui est en son pouvoir mais ne peut pas tout, tout seul. Il faut qu’il y ait un réveil citoyen", poursuit Marlène Schiappa, pour qui "l'idée est de mener un combat culturel".

Europe 1
Par Grégoire Duhourcau