Manouché, Ceviche… Ces plats et traditions culinaires qui entrent au patrimoine immatériel de l’Unesco

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Ophélie Artaud, avec AFP / Crédit photo : AFP
Le comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine immatériel a validé l'entrée de différents plats ou traditions culinaires dans la liste de l'Unesco. Le ceviche péruvien, la manouché libanaise et les traditions du repas du ramadan ont notamment été reconnus.

Après la baguette française l'année dernière, l'Unesco a validé cette semaine l'entrée de plusieurs plats traditionnels dans la liste du patrimoine culturel immatériel de l'humanité. C'est le Comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, réunit depuis lundi au Botswana, qui l'a annoncé. On y retrouve des plats et traditions culinaires des quatre coins du monde.

Parmi eux, le ceviche, un plat à base de poisson cru mariné, originaire du Pérou. La recette peut largement varier d'une région à l'autre en fonction des types de poissons utilisés et il existerait plus d'un millier de façons de le préparer. Le ceviche est consommé sur les terres de l'actuel territoire péruvien depuis plus de 2.000 ans. Ce plat, au centre de la gastronomie péruvienne, est préparé sur la côte du pays avec des espèces de l'océan Pacifique, dans les montagnes avec des truites provenant des rivières et des lacs, et dans la forêt tropicale avec du paiche ou du tilapia élevé dans des lagunes.

La manouché, une "pratique culinaire emblématique" libanaise

L'Unesco a également décidé d'inscrire la manouché, une "pratique culinaire emblématique" du Liban. Il s'agit d'un "pain plat recouvert d'un mélange de thym, de sumac, de graines de sésame grillées, de sel et d'huile d'olive", considéré comme la "quintessence du petit-déjeuner libanais", par l'organisation. Vendue dans des maisons et boulangeries spécialisées, la manouché est "appréciée par les personnes de toutes origines" et "contribue au développement économique local", souligne l'Unesco.

La symbolique autour de la pratique de la manouché a aussi été retenue par l'organisation de l'ONU : "pendant la préparation de la pâte, les praticiens prient pour qu'elle lève. [...] Les musulmans récitent le début de la Fatiha et les chrétiens récitent plusieurs prières et font le signe de croix avant de laisser reposer la pâte."

La tradition de l'iftar

Enfin, les "traditions socioculturelles" du repas du ramadan ont été reconnues. Appelée iftar, la reconnaissance de ce repas de rupture du jeûne musulman s'est faite à la demande de l'Azerbaïdjan, l'Iran, l'Ouzbékistan et la Turquie. Les plats sucrés et salés varient beaucoup d'une région à l'autre. L'Unesco souligne que cette pratique de l'iftar "prend souvent la forme de rassemblements ou de repas, renforçant les liens familiaux et communautaires et promouvant l'entraide, la solidarité et les échanges sociaux" et "se transmet généralement au sein des familles" car "les enfants et les jeunes se voient souvent confier la préparation des plats lors des repas traditionnels".

Outre les plats et pratiques culinaires, l'Unesco a décidé d'inscrire dans son patrimoine culturel immatériel le chant lyrique italien et le boléro, un genre musical venu de Cuba et du Mexique.