L'université de Nantes délaisse Google pour Qwant : "On privilégie une solution qui respecte la vie privée des gens et la confidentialité"

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L'université de Nantes est la première à mettre en avant Qwant.
L'université de Nantes est la première à mettre en avant Qwant. © Capture d'écran
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Dès le 1er janvier, l'université de Nantes va proposer le moteur de recherche Qwant par défaut sur ses 20.000 ordinateurs. Une mesure motivée par la protection de la vie privée et des données personnels de ses utilisateurs, mais aussi par le soutien à un produit "100% français".

C'est une petite révolution. Après le ministère de la Défense, l'Assemblée nationale, France Télévisions ou encore la mairie de Paris, l'université de Nantes se met à Qwant, un moteur de recherche 100% français. C'est la première université à sauter le pas. Qwant se veut plus respectueux de la vie privée des utilisateurs et ne revend pas vos données personnelles. 

Le respect de la vie privée. Dès le 1er janvier, les 20.000 ordinateurs de l'université proposeront donc Qwant en lieu et place de Google. "On privilégie aujourd'hui une solution alternative qui respecte la vie privée des gens et la confidentialité", explique Francky Trichet, vice-président numérique de l'université de Nantes au micro d'Europe 1. "Qwant est un moteur français qui ne dépose pas de cookies pour enregistrer vos traces de consultations", détaille-t-il.

Pas de publicités personnalisées. Car contrairement à Google, le modèle économique de Qwant ne repose pas sur la publicité ciblée. Pas de risques donc de voir apparaître des annonces pour de l'électroménager sur toutes les pages que vous consultez après avoir fait une recherche concernant un lave-linge... "Vos échanges sont cryptés, ils ne peuvent pas être lus et interceptés par un tiers", résume Francky Trichet. Et pour s'assurer que Qwant ne dévie pas de sa trajectoire initiale, la société a décidé d'implanter tous ses serveurs en France, ce qui assure que seules les lois françaises et européennes s'appliquent, donc pas de Cloud Act ou autres Patriot Act [des lois votées aux Etats-Unis qui favorisent la récupération des données personnelles, ndlr]. 

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2018, l'année de nombreux scandales liés aux données personnelles. La décision de l'université de mettre en avant Qwant et de protéger les données de ses chercheurs, personnels et étudiants, intervient moins de dix jours après les révélations du New-York Times, qui affirme que Facebook aurait accordé à des sociétés telles que Microsoft, Netflix, Spotify, Amazon ou encore Apple, un accès à la messagerie et aux contacts des utilisateurs du réseau social. Une énième affaire venant mettre un terme à une année 2018 émaillée de plusieurs scandales pour les Gafa, notamment le très médiatique affaire Cambridge Analytica, au cours duquel une firme, Cambridge Analytica, a eu accès aux données personnelles de 87 millions de comptes Facebook, dont plus de 200.000 en France

"Participer au développement de ce moteur de recherche 100% français". Ce n'est donc pas un hasard si Franky Trichet a estimé auprès de nos confrères de France 3 Loire-Atlantique que "les internautes cherchent de plus en plus des alternatives respectueuses de leur vie privée". Si la protection des utilisateurs est au cœur de la démarche de l'université, l'idée derrière ce changement est également de "participer au développement de ce moteur de recherche 100% français", explique le vice-président dans les colonnes du Télégramme

Pour autant, ce dernier ne se fait pas d'illusions à l'heure où 91% des recherches internet faites en France le sont via Google. "On a tellement le réflexe [Google] qu'on sait que ce sera difficile au début. L'objectif n'est pas non plus d'empêcher notre personnel de l'utiliser. Mais on veut privilégier Qwant", argumente-t-il à France Bleu Loire Océan

De son côté, Qwant a félicité sur Twitter l'université pour son choix de "soutenir un Web neutre et respectueux de ses utilisateurs". 

Cette décision tombe à pic pour la société française qui compte lancer au premier semestre 2019 son service mail fondé sur le même principe que son moteur de recherche et baptisé Qwant mail. Un nouveau pied de nez à Google et à sa messagerie Gmail, qui a vu passer en novembre 2018 27% des mails de la planète

Europe 1
Par Ugo Pascolo et Pierre-Baptiste Vanzini