Lisa Azuelos et la gynophobie : "Il n'y avait pas de mot qui englobait tous les malaises qui concernent les femmes"

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Lisa Azuelos est engagée dans l'association "Ensemble contre la gynophobie". 1:03
Lisa Azuelos est engagée dans l'association "Ensemble contre la gynophobie". © AFP
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La réalisatrice Lisa Azuelos, dont le film "Bébé" sort en salles le 13 mars, revient sur Europe 1 sur son engagement pour les femmes au travers de son association "Ensemble contre la gynophobie".

On la connaît réalisatrice avec les films Comme t'y es belle, Lol ou encore Bébé, avec Sandrine Kiberlain, qui sort en salles le 13 mars. Mais Lisa Azuelos est aussi militante. Vendredi, au micro de Karl Zero sur Europe 1, la réalisatrice est revenue sur son engagement pour les femmes au travers de son association "Ensemble contre la gynophobie" qui vise à faire émerger le mot gynophobie afin de mieux dénoncer les violences faites aux femmes.

"Ce n'est pas un hasard s'il n'y a pas de mot". "C'est un mot que j'ai essayé de créer car je me suis rendue compte qu'il n'y avait pas de mot qui englobait tous les malaises qui concernent les femmes", explique Lisa Azuelos. "Ce n'est pas un hasard s'il n'y a pas de mot, cela veut dire qu'on n'a pas envie de dire que c'est un problème", pointe-t-elle.

Utiliser le préfixe "gyno" lui a paru relativement évident car il fait référence à l'aspect sexué de la femme. Or selon la réalisatrice, c'est parce qu'elle est source de désir et donc de frustration que la femme est parfois méprisée. "Je pense que les réponses sont à trouver autour du sexuel et de la peur de cette rencontre sexuelle entre les hommes et les femmes", détaille-t-elle.

"La 'misogynie' n'a pas fait son boulot". Pour la réalisatrice, le mot "misogynie" n'était pas assez pertinent pour englober les violences physiques et morales, le sexisme, le harcèlement…"Je me suis dit 'la misogynie bande mou, elle n'a pas fait son boulot'. Ce mot devrait faire aussi honte que le mot racisme ou antisémitisme mais dans les faits ce n'est pas le cas", étaye-t-elle. Et d'ajouter : "Je voulais un mot qui fasse un peu plus peur, qui montre qu'il existe un vrai problème."

 

Europe 1
Par Europe1.fr