L'influenceuse Gaëlle Prudencio décrypte trois exemples de grossophobie ordinaire

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La blogueuse Gaëlle Prudencio publie "Fière d’être moi-même" et a lancé avec succès sa marque de vêtements grandes tailles. Invitée d'Anne Roumanoff jeudi dans "Ça fait du bien", elle analyse trois moments de la vie quotidienne où elle est régulièrement discriminée en raison de son poids. 
INTERVIEW

Elle fait la nique à la grossophobie. La blogueuse Gaëlle Prudencio a lancé une collection de vêtements grandes tailles avec sa marque Ibilola, qui s'est vendue en 15 minutes. Elle publie également Fière d’être moi-même, s'accepter quand on n’entre pas dans les normes de la société, un livre vanté sur Instagram par Carla Bruni. Invitée de Ça fait du bien, Gaëlle Prudencio explique comment la grossophobie qu'elle dénonce s'exprime dans la vie quotidienne, au travers de trois exemples concrets.

Dans les magasins

Gaëlle Prudencio commence avec l'un de ses loisirs : le shopping. En France, il lui est quasiment impossible de trouver des vêtements à sa taille. Exit le plaisir du shopping, trouver de quoi se vêtir devient une épreuve. Au point de devoir demander à une amie en voyage aux États-Unis de lui ramener une valise entière de vêtements grandes tailles, bien plus faciles à trouver là-bas.

"C'était la caverne d'Ali Baba dans une valise, mais avec des fringues que je n'avais jamais imaginé porter jusqu'à jusqu'alors", se souvient la blogueuse, qui devait jusqu'alors faire coudre ses vêtements chez un couturier. C'est pour éviter que d'autres femmes continuent de subir ce problème que Gaëlle Prudencio a créé sa propre marque.

En avion

Gaëlle Prudencio s'exaspère aussi de l'attitude du personnel naviguant quand elle prend l'avion. Pour attacher sa ceinture, elle a besoin d'une rallonge. "Il y a toujours deux réactions : soit l'hôtesse de l'air est gênée, et me donne la ceinture un peu sous le manteau. Mais moi, quand on me voit, on sait qu'il me faut la ceinture", rigole-t-elle. "Ou alors ils me la donnent avec un regard vraiment horrifié. Et il y a aussi les autres passagers. Toute l'attention est focalisée sur moi, et en plus je ne suis pas discrète", explique-t-elle.

Certes, Gaëlle Prudencio prend moins l'avion depuis un an. Mais le premier confinement a amené son nouveau lot de grossophobie. "Ça m'a vraiment choquée, parce que j'avais peur de mourir, on n'arrêtait pas de dire que beaucoup de personnes qui mouraient étaient des personnes obèses. Et les animateurs télé qui faisaient des montages et des blagues sur le fait qu'ils avaient peur de grossir à cause du confinement", s'étonne-t-elle. "Je me suis, encore une fois, rendue compte à quel point la culture des régimes avait de la place dans notre société", observe-t-elle.

Chez le médecin

Gaëlle Prudencio se souvient également d'une remarque d'un gynécologue qui était en train de l'examiner. Il s'était exclamé : "Va falloir arrêter avec toute cette graisse, on ne voit rien !". "J'ai changé de gynéco", rassure-t-elle. "Le médecin fait figure d'autorité. On ne va pas forcément se défendre, on est un peu en situation de faiblesse."

La blogueuse aimerait que les médecins questionnent les patients gros sur leur connaissance des risques et sur leur parcours, plutôt que de faire des remarques violentes. "Ok, le médecin est là pour alerter. Oui, il y a des risques à l'obésité", reconnaît-elle. "Mais, concrètement, je venais le voir pour un frottis. Quel est le rapport avec mon gras ?"

Europe 1
Par Alexis Patri