LGV Paris-Rennes : les riverains remontés contre les nuisances sonores

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Photo LGV Paris-Rennes (1280x640) François COULON/Europe 1 1:32
© François COULON/Europe 1
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Dans la Sarthe, 7000 riverains subissent chaque jour le bruit assourdissant causé par la ligne à grande vitesse reliant Paris à Rennes.
REPORTAGE

Les passages répétés des TGV à pleine vitesse excèdent les riverains de la Sarthe. Installés non loin de la ligne, ils se sentent oubliés par la SNCF, et lui réclament des indemnités devant la justice. Une centaine de TGV circule tous les jours sur la ligne, et chaque passage provoque un son estimé à 90 décibels.

"Je ne peux pas rester ici"

Interrogée par Europe 1, Jacqueline, retraitée, vit à 70 mètres de la ligne à grande vitesse (LGV). "C'est pire qu'un avion", s'exclame-t-elle, "moi je ne peux plus supporter. J'ai fait une dépression, j'ai des médicaments pour la tension. Je ne peux pas rester ici." Une situation invivable pour Jacqueline, qui n'a pourtant pas d'autre solution que de continuer à habiter proche de la ligne. "S'il n'y a rien de fait, on ne pourra jamais vendre notre maison", explique-t-elle, estimant que son bien a perdu entre 40 et 50% de sa valeur, "rien que pour le bruit du TGV". Si 7.000 habitants sont concernés par les nuisances sonores, 200 d'entre eux ont saisi la justice, soutenus par le Collectif pour la représentation des intérêts des riverains de la LGV Paris-Rennes (CRI 72). L'association est défendue par l'avocate et ancienne ministre de l'Environnement, Corinne Lepage, qui veut "faire en sorte que ces indemnités soient tellement élevées que la SNCF ait un intérêt à faire des travaux pour réduire le bruit", a-t-elle expliqué à l'AFP.

Réduire la vitesse de 70 km/h pour ne plus "pourrir la vie de 7.000 personnes"

Au-delà des indemnités réclamées, les riverains souhaitent surtout être entendus. Selon Régis Cerbelle, maire de Chantenay-Villedieu, commune impactée par la LGV, réduire la vitesse de 320 km/h à 250 permettrait de diminuer les nuisances sonores, ce qui entraînerait un allongement du temps de parcours de près de huit minutes. "Est-ce que 7 minutes 50 dans la vie d'une personne, c'est plus important que de pourrir la vie de 7.000 personnes de la Sarthe", s'interroge-t-il sur Europe 1. "Comment voulez-vous que des gens qui prennent 90 décibels cent fois par jour ne pètent pas les plombs ?"

L'an dernier, une série de mesures avait été effectuée pour calculer le bruit imposé par la LGV, mais les résultats avaient montré que la réglementation était respectée. La ministre des transports, Élisabeth Borne, doit se rendre ce jeudi dans la Sarthe, au Mans, pour le congrès de la Fédération générale des transports et de l'équipement.

Europe 1
Par Idèr Nabili