"Les passeurs lancent plusieurs bateaux à la fois" : sur la Manche, de plus en plus de migrants secourus

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Les passeurs profitent du temps calme pour multiplier les tentatives de passage clandestin avec des migrants. 1:31
Les passeurs profitent du temps calme pour multiplier les tentatives de passage clandestin avec des migrants. © Anne CHAON / AFP
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Dans la nuit de samedi à dimanche, une trentaine de migrants qui tentaient de traverser la Manche ont été secourus. Les passages clandestins s'intensifient par temps calme, en dépit des multiples dangers qui guettent les exilés. 

Il était 2 heures du matin, dans la nuit de samedi à dimanche, lorsque les autorités ont repéré une embarcation de fortune au large du Pas-de-Calais. En panne de moteur, le bateau transportait onze migrants, dont deux enfants en bas âge, qui ont été récupérés. Quatre heures plus tard, ce sont vingt exilés qui ont été retrouvés sur un pneumatique qui prenait l'eau. Avec à bord, cette fois, une jeune femme enceinte de huit mois, en état d'hypothermie mais qui a pu être secourue. Tous ont été ramenés sur le littoral français, en pleine nuit.

Seulement 60 % des tentatives de traversée aboutissent

Il y a trois jours déjà, 71 migrants avaient été interceptés alors qu'ils tentaient de traverser la Manche entre la France et la Grande- Bretagne. "Dès qu'il y a du vent, de la mer, les tentatives [de passage] s'arrêtent", souligne François Guennoc, de l'association L'Auberge des migrants. "Dès qu'il y a une période de calme, comme c'était le cas la nuit dernière, les tentatives reprennent. Il semble aussi que les passeurs aient décidé de lancer plusieurs bateaux à la fois, de différents points de la côte pour augmenter les chances de réussite face à un dispositif de police et de gendarmerie quand même assez important, ici, sur le littoral."

 

Selon les autorités britanniques, seulement 60% des tentatives se soldent par un succès. Car les dangers sont bien présents. Outre l'eau et les courants marins, le trafic maritime extrêmement dense représente un risque. À tout moment, les frêles esquifs des passeurs peuvent se retrouver face à des cargos de 200 mètres de long.

Europe 1
Par Maximilien Carlier, édité par Margaux Baralon