Les militants de Génération identitaire ont quitté le col de l'Echelle

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Une centaine de militants de Génération identitaire a passé la nuit de samedi à dimanche au col de l'Echelle. © AFP
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Installés depuis samedi ua col de l'Echelle, dans les Hautes-Alpes, les militants de Génération identitaire n'ont pas croisé un seul migrant.

Les derniers militants de Génération Identitaire (GI) qui bloquaient depuis samedi un col des Hautes-Alpes emprunté par les migrants pour passer d'Italie en France, ont annoncé dimanche qu'ils quittaient les lieux en début d'après-midi.

"Le camp est en train d'être démonté et tous les militants redescendent du col de l'Echelle", a déclaré Romain Espino, un porte-parole de ce groupuscule d'extrême droite adepte des actions spectaculaires, précisant que "depuis son installation", le groupe n'a "pas été en contact avec des migrants". Toutefois, se félicite-t-il, "la mission est une réussite, nous avons réussi à attirer l'attention médiatique et politique sur le col de l'Échelle".

Ils prévoient de continuer les patrouilles. Les militants, approvisionnés "en eau et en nourriture" par "une quinzaine d'habitants de la vallée" n'entendent pas en rester là: "Nous avons prévu cet après-midi un survol avec un avion pour repérer là où il y a une activité de clandestins ou de passeurs", a indiqué Romain Espino. Ils prévoient également de "continuer à patrouiller" dans la semaine "autour du Briançonnais, sur les différentes routes connues pour être des passages de clandestins".

Du côté italien, des migrants priés de rentrer chez eux. Samedi matin, une centaine de militants de diverses nationalités avaient pris position au col de l'Echelle, "point stratégique de passage des clandestins" culminant à 1.762 mètres à six kilomètres de la frontière italienne. Après avoir matérialisé une "frontière symbolique" avec du grillage de chantier pour "notifier" aux migrants "que la frontière est fermée et qu'ils doivent rentrer chez eux", ils avaient déployé une banderole géante à flanc de montagne, relayant ce message en anglais ("no way"). Selon Romain Espino, des militants de GI qui distribuaient des tracts, côté italien, sur cette opération "ont croisé un groupe de clandestins et leur ont dit que la frontière était fermée et qu'ils devaient rentrer chez eux".

Passe d'armes à l'Assemblée. Cette opération a fait réagir samedi sur les bancs de la gauche, dans l'hémicycle de l'Assemblée, en plein débat prolongé sur le projet de loi asile-immigration. Le chef de file des Insoumis, Jean-Luc Mélenchon, a fustigé la "petite bande d'une centaine de personnes", des "amis de Madame Le Pen", qui "prétend régler le problème de la frontière" et "repousser dans la neige de pauvres gens qui s'y trouvent". Ce à quoi, Gilbert Collard (FN) a vertement répliqué, accusant Jean-Luc Mélenchon de "planer". Dimanche soir, la préfecture des Hautes-Alpes assurait dans un communiqué que l'opération s'était "jusqu'à présent déroulée dans le calme" et qu'une "partie" des militants avaient "déjà quitté le site" en début de soirée.

La société qui a loué des hélicoptères à Génération identitaire se dit victime d'une escroquerie

La société qui regroupe les entreprises SAF Hélicoptères et Heli-Max, qui a loué des hélicoptères aux militants de Génération identitaire samedi pour leur opération anti-migrants s'est dite "victime d'une escroquerie. Sur Facebook, la société a indiqué avoir été contactée par les militants pour "une simple mission de prises de vues aériennes banales avec deux hélicoptères". Dans son communiqué, la direction rappelle que les bases de Saint-Crépin et Gap/Tallard "assurent plus de 400 secours hélicos par an (les) impliquant dans une démarche morale et une raison d'être tournée vers l'aide aux personnes plutôt que la haine et le mépris". L'entreprise indique ne pas cautionner "ces mouvements extrémistes" et envisage de porter plainte.