Les journalistes agressés "responsables de ce qu'ils subissent" : une ancienne ministre crée la polémique

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L'ancienne ministre a ensuite publié un second message pour expliquer son propos (photo d'archives). © AFP
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Ancienne membre du Conseil constitutionnel et ministre chargée des Affaires européennes, Noëlle Lenoir a posté un message controversé sur Twitter, samedi. 

Posté il y a moins de 24 heures, le tweet a fait l'objet de milliers de partages, souvent outrés. Samedi, à l'issue de "l'acte 9" de la mobilisation des "gilets jaunes", marqué par de nouvelles violences de manifestants visant des équipes de journalistes, l'ancienne ministre Noëlle Lenoir a rédigé un message controversé sur Twitter.

Ancienne membre du Conseil constitutionnel. "Les journalistes de LCI agressés par les gilets jaunes sont responsables de ce qu'ils subissent, mais aussi de ce qu'ils font subir aux forces de l'ordre jour après jour", a-t-elle écrit*. "Ils ont donné à longueur d'antenne une tribune à l'édification de la violence, de la provocation au meurtre, de l'insulte et de la bêtise."

Ministre des Affaires européennes pendant deux ans sous Jacques Chirac, Noëlle Lenoir a également été membre du Conseil constitutionnel et se présente comme "avocate". Son Tweet est intervenu après la publication d'images montrant l'agression de journalistes de LCI et de France 3 Normandie à Rouen, mais aussi de l'histoire d'une rédactrice de La Dépêche, prise à partie alors qu'elle se trouvait dans une voiture du journal, et menacée aux cris de "on va te sortir et te violer". 

Un tweet jugé "idiot" ou "scandaleux". Sur le réseau social, politique, journalistes et anonymes ont dénoncé cette prise de position. "Scandaleux. Aucun journaliste n'a à subir ce déferlement de violences. Rien ne saurait venir le justifier", a par exemple écrit la députée LREM Aurore Bergé. "C'est un compte piraté ?", a interrogé le présentateur Jean-Pierre Pernault. "Ce qu'on y lit est idiot et effarant."  

Dimanche matin, l'ancienne ministre a commenté ses propos et les réactions qu'ils ont suscité. "Ceux qui pensent que je légitime la violence et ne défends pas ardemment la liberté de la presse n'ont pas compris mon souci de ramener les gilets jaunes à leur dimension réelle pour protéger les journalistes victimes de cette violence", a-t-elle écrit, renvoyant vers une tribune hébergée par Les Echos  et signée par le comité Droit et Débat public, dont elle fait partie. Ce texte dénonce les agressions visant les journalistes, mais aussi les blocages de la distribution de certains journaux. 

*les hashtags des tweets ont été retranscrits en toutes lettres