Les émissions liées à l'énergie devraient encore croître en 2018

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En 2017, les émissions de CO2 liées à la combustion des énergies fossiles (gaz, charbon, pétrole) étaient reparties à la hausse après trois années de stagnation.
En 2017, les émissions de CO2 liées à la combustion des énergies fossiles (gaz, charbon, pétrole) étaient reparties à la hausse après trois années de stagnation. © GEORGE FREY / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
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Les émissions de gaz à effet de serre du secteur de l'énergie devraient encore croître en 2018, pour la deuxième année consécutive, selon le directeur de l'Agence internationale de l'énergie.

C'est une "très mauvaise nouvelle" pour le climat si l'on en croit le directeur de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) Fatih Birol. Mercredi soir, il a indiqué que les émissions de gaz à effet de serre du secteur de l'énergie devraient encore croître en 2018, pour la deuxième année consécutive.

"Je suis désolé, j'ai une très mauvaise nouvelle," a-t-il dit à Paris lors d'un débat sur la lutte contre le réchauffement climatique organisé à l'ambassade de Pologne, pays hôte de la COP24 prévue en décembre à Katowice. Au vu des chiffres des neufs premiers mois, "les émissions cette année vont croître une fois encore, et nous allons avoir une COP au moment où les émissions mondiales atteindront un record", a-t-il ajouté.

Une baisse forte nécessaire. En 2017, les émissions de CO2 liées à la combustion des énergies fossiles (gaz, charbon, pétrole) - qui représentant plus des trois quarts des émissions globales - étaient reparties à la hausse après trois années de stagnation. Or pour rester sous 1,5°C de réchauffement, déjà source de forts impacts, il faudrait que les émissions de CO2 déclinent bien avant 2030 et fortement (-45% d'ici 2030 par rapport à leur niveau de 2010), relevaient le rapport des experts climat de l'ONU (Giec) début octobre.

"Les pays doivent revoir leurs engagements". Mercredi soir, Laurent Fabius, président de la COP21, a appelé à agir "d'ici 2020". "J'insiste sur ces deux prochaines années, les pays doivent revoir leurs engagements", a-t-il appelé, lors de ce débat, au côté du président de la COP24, le secrétaire d'Etat polonais Michal Kurtika. 

"Quand vous regardez les conséquences tragiques du changement climatique, c'est aujourd'hui, et pas dans 50 ans", a insisté l'ancien ministre français. La communauté internationale s'est engagée à la COP21 de Paris en 2015 à agir pour réduire les émissions afin de limiter le réchauffement à 2°C voire 1,5°C par rapport au niveau de la Révolution industrielle. L'accord incite les pays à revoir à la hausse leurs engagements, qui à ce stade conduisent le monde bien au-delà de 3°C.