Les colonies de vacances et les camps scout en danger ?

, modifié à
  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
Partagez sur :
A partir du 1er juillet, les colos et les camps scouts vont devoir se transformer en"prestataires de voyage" et donc respecter le code du tourisme, comme les tours opérateurs, en abondant notamment un fonds de garantie pour rembourser les familles en cas d’annulation.

Les chansons dans le car, les veillées autour du feu et la fameuse boum de fin de séjour. Merveilleux souvenirs d'enfance ! Les colonies de vacances sont généralement synonymes d'une une semaine loin des parents pour un tarif souvent accessible. Mais dans moins de deux mois, en raison d'une directive européenne, tous les organismes en France devront créer un fonds de garantie pour indemniser les familles en cas d'annulation. L'abondement devra représenter 10% de leur chiffre d'affaires.

"Pour nous, ça fait 80.000 euros, et là les 80.000 je ne les ai pas sur mon compte, on ne les a pas en trésorerie", prévient Arnaud de Bechevel, le directeur de Vitacolo. "Trouver cet argent, c'est forcément produire une activité économique plus forte et nous si on augmente les prix de nos séjours, on a des familles qui nous lâcheront parce qu'elles ne pourront plus payer", poursuit-il. Ce serait la fin de la mixité sociale, des colonies réservées aux riches selon lui.

Des colonies réservées aux riches ? Même constat chez les scouts de France. Tout cet argent immobilisé, c’est tout simplement du gâchisn selon François Mandil le délégué national. "C'est beaucoup d'argent que l'on ne peut pas utiliser pour aider les familles, pour faire en sorte que les groupes qui sont dans les quartiers populaires puissent avoir du matériel et que l'on puisse acheter des tentes. C'est l'objectif premier du scoutisme de permettre à des jeunes issus de tous les milieux de vivre ensemble", estime-t-il. Nous ne faisons pas le même métier qu’une agence de tourisme, donc nous ne pouvons donc pas travailler avec les mêmes règles, conclut-il.

Europe 1
Par Pauline Jacot, édité par D.G.