À l’occasion de la diffusion du documentaire «Je serai jamais parfaite» sur France 2, la productrice Aurore Aubin et la réalisatrice Mila Kiss tirent la sonnette d’alarme. Invitées dans "Culture Médias", elles dénoncent l’explosion de la chirurgie esthétique chez les 18-25 ans, amplifiée par la pression des réseaux sociaux et des injonctions faites aux jeunes femmes.
Au-delà des apparences. Invitées dans l’émission Culture Médias, la productrice Aurore Aubin et la réalisatrice Mila Kiss sont venues présenter leur documentaire "Je serai jamais parfaite", diffusé le 11 mars prochain sur France 2 et déjà disponible sur France.tv.
Un film coup de poing qui s’attaque à un phénomène en pleine explosion celui du recours abusif à la médecine et à la chirurgie esthétique chez les jeunes femmes. Un constat alarmant que déplore Aurore Aubin. "Les 18-25 ans sont aujourd’hui la première patientèle des cabinets de chirurgie et de médecine esthétique dans plus de 50 % des cas. C’est la première tranche d’âge concernée en France, et ça pose énormément de questions", alerte la productrice.
"On finit par croire qu’on est qu’une image"
Selon elle, cette tendance est étroitement liée à l’omniprésence des réseaux sociaux. Instagram et TikTok auraient accéléré la normalisation des interventions esthétiques chez les plus jeunes, en imposant des standards beaucoup trop loin de la réalité. "On a oublié que le corps, c’est de la chair. À force de filtres, on finit par croire qu’on est qu’une image", résume-t-elle au micro de Culture médias.
De son côté, la réalisatrice Mila Kiss évoque une "performance et un imaginaire transhumaniste", nourri par les réseaux sociaux. "Il y a cette idée de se transformer instantanément, de préserver l’enfance tout en étant très sexualisée. C’est extrêmement paradoxal : à la fois des princesses et des femmes hyper adultes", a-t-elle exprimé.
"J’ai grandi avec ces injonctions. Toutes les filles grandissent avec cette pression. Je voulais comprendre ce qui se passe dans la tête de ces jeunes femmes, arrêter de juger et de réduire ça à quelque chose de superficiel, alors que c’est profondément imposé par la société", a regretté Mila Kiss.