Lors d'une rencontre à huis clos à Lourdes, deuxième étape de sa visite en France, le pape Léon XIV a encouragé dimanche les évêques français à "poursuivre" leur action engagée face au "douloureux fléau" de la pédocriminalité dans l'Église.
Le pape Léon XIV a encouragé dimanche les évêques français à "poursuivre" leur action engagée face au "douloureux fléau" de la pédocriminalité dans l'Eglise, lors d'une rencontre à huis clos à Lourdes.
Maintenir "la plus grande vigilance"
"Je vous remercie pour ce que vous avez fait" contre les violences sexuelles sur mineurs, avec "de courageuses dispositions pour y répondre", a-t-il affirmé, évoquant des mesures concernant "l'écoute, la recherche de la vérité, la justice, le pardon, la réparation et un engagement déterminé en faveur d'une culture de la prévention".
"Il convient de poursuivre dans la voie engagée en maintenant la plus grande vigilance", a ajouté le pape américain, qui ne s'était pas encore exprimé sur le sujet depuis le début vendredi de sa visite de quatre jours en France. "Je sais que certains moments ont été très difficiles pour votre Conférence" et "votre clergé a besoin d'être soutenu et encouragé", a-t-il ajouté, selon le discours transmis à la presse.
Léon XIV, qui doit rencontrer dimanche après-midi sept victimes à huis clos, était très attendu sur ce sujet qui reste brûlant pour l'Eglise de France, cinq ans après le rapport qui avait estimé à 330.000 le nombre de victimes mineures en son sein depuis 1950.
"L'Église en France est précieuse au cœur du pape"
Avant d'entrer dans la salle où l'attendaient les évêques, le pape avait marqué une étape devant la représentation de "L'Enfant qui pleure", une photographie d'une statue d'angelot en larmes symbolisant les souffrances des victimes de violences sexuelles dans l'Eglise, apposée en novembre 2021 après la publication du rapport révélant l'ampleur de la pédocriminalité en son sein.
Après ces révélations qui avaient fait l'effet d'un séisme, l'épiscopat français avait lancé deux instances d'écoute et de réparation. Celle pour les violences commises dans les diocèses, l'Inirr, a été saisie par près de 2.000 personnes et elle vient de céder la place à une nouvelle instance créée par l'épiscopat, qui suscite de fortes interrogations parmi les victimes.
Dans son discours aux évêques, Léon XIV a également assuré que "l'Église en France est précieuse au coeur du pape" et évoqué le "régime de laïcité bien particulier" du pays mais "qui doit permettre à l'Église d'accomplir sa mission". "Je vous invite à faire preuve de vigilance pour défendre la liberté et les droits de l'Église à évangéliser, à éduquer à la vraie liberté et à pratiquer publiquement le culte", a-t-il affirmé.
"L'enseignement catholique ne peut renoncer à son projet éducatif (...) centré sur le Christ"
Enfin sur l'enseignement catholique, "dont le 'caractère propre' se trouve ces temps-ci remis en question", il a jugé "heureux" que ses établissements "soient largement ouverts à ceux qui ne partagent pas notre foi".
"Pour autant, l'enseignement catholique ne peut, en aucune manière, renoncer à son projet éducatif (...) centré sur le Christ", a-t-il affirmé. "Personne ne doit donc s'étonner des occasions offertes au sein de tout établissement catholique de rencontrer Jésus-Christ et d'entendre sa Parole", a-t-il ajouté, en écho à ses propos vendredi à l'Elysée, devant Emmanuel Macron, où il avait souligné que "l'école catholique a toute sa place dans le paysage éducatif d'un pays comme la France"