L'entreprise des régimes minceurs Comme j'aime condamnée pour sa semaine gratuite

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L'entreprise de Bernard Canetti, "Comme j'aime", a été condamnée pour "pratique commerciale trompeuse". 

"Testez une semaine, c'est gratuit !". Les spots de pub du programme minceur "Comme j'aime" inondent les écrans télé depuis deux ans. Son fondateur, Bernard Canetti, martèle dans ces messages publicitaires les bienfaits de son programme minceur et revendique 120.000 clients à l'année. Désormais, l'entreprise, créée en 2010, ne pourra plus utiliser cet argument commercial de la gratuité puisqu'elle a été condamnée par le tribunal de grande instance de Paris pour "pratique commerciale trompeuse", a révélé Le Parisien jeudi. La popularité de ces programmes a explosé grâce aux spots TV : 58.400 ont ainsi été diffusés en 2018. 

L'entreprise condamnée à verser 10.000 euros

L'entreprise devra supprimer "dans l'ensemble de ses supports publicitaires (presse, télévision et Internet), y compris les témoignages, la mention d'une semaine gratuite", a indiqué l'ordonnance de référé rendue mardi, que Le Parisien a pu consulter. La société de Bernard Canetti a un mois pour se conformer à cette décision sous peine d'une "astreinte provisoire de 500 euros par infraction constatée". L'entreprise doit également verser 10.000 euros au titre de "l'atteinte portée à l'intérêt collectif des consommateurs". Si elle peut faire encore appel, la décision ne sera toutefois pas suspendue. 

À l'origine de cette condamnation : l'Association nationale de défense des consommateurs et usagers (CLCV). L'association avait saisi en mai le tribunal de grande instance de Paris, remettant en cause la notion de gratuité évoquée dans les spots publicitaires. "Dans le cas de Comme j'aime, il ne s'agit pas d'une semaine gratuite mais plutôt du principe du satisfait ou remboursé", a indiqué François Carlier, délégué général de CLCV, au Parisien. "Ce n'est pas du tout la même chose. C'était donc une pratique commerciale trompeuse." Pour que ce soit gratuit, il faut, en effet, "qu'il n'y ait aucun transfert d'argent du consommateur vers le professionnel", a-t-il ajouté. Or, le client de "Comme j'aime" était contraint de commander - et payer - un programme de quatre semaines afin de profiter de cette "première semaine gratuite". Le client devait ensuite retourner les trois semaines restantes pour être remboursé, s'il n'était pas satisfait au bout de sept jours. 

La CLCV avait également saisi le tribunal au sujet de l'efficacité présumée des régimes minceurs. Elle a toutefois été déboutée sur ces points mais entend déposer une nouvelle plainte suite à cette procédure en référé, qui est de fait rapide, afin que l'affaire soit jugée sur le fond.