Le secteur de l'habillement en état d'alerte : les ventes de vêtements en septembre ont chuté de 17,6% sur un an

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Le secteur de l'habillement est en crise. [Nicolas Guyonnet / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Le secteur de l'habillement connait une période critique. Le mois de septembre, habituellement point culminant des ventes, a enregistré une chute drastique de 17,6 %. Du jamais vu depuis cinq ans selon l'Alliance du Commerce.

Entre inflation, baisse du pouvoir d'achat et canicules à répétition, le secteur de l'habillement n'est pas épargné. Le marché a même connu une rentrée "catastrophique" avec des ventes en chute de 17,6 % en septembre sur un an d'après l'Alliance du Commerce.

"Septembre enregistre sa plus mauvaise performance depuis cinq ans", a résumé dans un communiqué Yohann Petiot, directeur général de l'organisation professionnelle réunissant grands magasins et grandes enseignes de l'habillement associée au cabinet Retail Int.

Habituellement, avec la rentrée scolaire, septembre est le temps fort des magasins de vêtements. Mais cette année, il a connu un recul d'activité de 27,4 % alors qu'il représente en temps normal "14 % des ventes annuelles des enseignes de vêtements pour enfants".

La faute à l'inflation et la météo 

Plusieurs facteurs entrent en jeu. D'abord, une baisse du pouvoir d'achat à cause de l'inflation et de l'augmentation des prix de l'énergie et des carburants. Les Français achètent donc moins et limitent leurs déplacements. Au total, sur les neufs premiers mois de 2026, le chiffre d'affaires en magasin diminue de 4,7 % par rapport à 2025. 

Les différentes vagues de canicule ont aussi "très fortement" affecté les achats de saison. Cela se ressent notamment sur les grosses pièces de saison comme les manteaux ou les vestes dont les ventes ont chuté de 45 % alors que celles des shorts ont progressé de 24 %.

Les ventes en ligne ne sont pas épargnées 

La baisse des ventes impacte également les ventes en ligne. Elles ont baissé de 15,9 % en septembre et d'1,8 % en cumulé depuis le début de l'année par rapport à 2025.

Les professionnels du secteur s'inquiètent. "Cette chute brutale de l'activité est un signal d'alarme" avant les "trois derniers mois de l'année" qui s'annoncent "décisifs", a estimé Yohann Petiot, appelant le "gouvernement à une extrême vigilance". 

"La priorité doit être de préserver les entreprises, l'emploi et la consommation." Et d'ajouter : "Ce n'est certainement pas le moment d'alourdir davantage le coût du travail, notamment en réduisant les allégements de cotisations sociales sur les bas salaires", comme le prévoit le projet de budget de la Sécu 2027, a-t-il plaidé.