Le petit-déjeuner gratuit à l'école, "une bonne façon de rester concentré toute la journée"

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Le gouvernement a annoncé le déblocage de 6 millions d'euros pour financer la généralisation des petits déjeuners distribués aux écoliers. À Pont-Sainte-Maxence, dans l'Oise, où il est déjà testé, le dispositif est déjà apprécié de tous.
REPORTAGE

Mardi matin, Jean-Michel Blanquer se rend à l'école primaire Jean-Rostand de Pont-Sainte-Maxence, dans l’Oise, en compagnie de la secrétaire d'État Christelle Dubos. Mais avant de rencontrer les écoliers picards, les deux membres du gouvernement ont annoncé le déblocage de 6 millions d'euros pour la distribution de petits déjeuners gratuits aux écoliers en 2019. Cette mesure fait partie des promesses du plan pauvreté, annoncé en septembre dernier par le président de la République, et concernera à terme "100.000 enfants" dans les "territoires prioritaires", précisent les deux ministres dans un communiqué.

L'initiative, déjà déployée dans huit académies tests, sera "généralisée au mois de septembre à l'ensemble du territoire français" pour les écoles appartenant à une zone REP (réseau d'éducation prioritaire), REP+ ou "quartiers politique de la ville".

"Pouvoir rester concentré toute la journée"

À Pont-Sainte-Maxence, le dispositif est déjà appliqué dans deux écoles depuis octobre dernier. Pain beurré, lait et jus de fruit… Deux fois par semaine, lundi et jeudi, près de 200 élèves dégustent ce petit déjeuner entre 8h15 et 8h45. "Parfois, on est pressé, donc je prends juste un verre de jus et le matin, j'ai souvent un petit creux", confie Alicia, 7 ans, ravie de pouvoir y remédier.

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"Ça fait découvrir d'autres aliments qu'ils ne prendront pas forcément à la maison, avec des fruits, des féculents…", confie une mère de famille, elle aussi satisfaite de ce dispositif. "C'est une bonne façon de ne pas avoir faim jusqu'à midi et de pouvoir rester concentré toute la journée", appuie une autre.

3.000 euros par trimestre pour deux écoles

Le dispositif représente malgré tout un certain poids pour les finances locales : "Un trimestre pour deux écoles, à raison de deux petits déjeuners par semaine, nous coûte 3.000 euros", estime Arnaud Dumontier, maire de Pont-Sainte-Maxence, commune de 12.600 habitants. "Mais quand il en va de l'intérêt de l'enfant, tout le monde doit se mobiliser. La contribution de l'État est évidemment bienvenue", alors que l'enveloppe nationale passera à 12 millions d'euros en 2020. Le système ne cesse de s'étendre et les élèves d'une troisième école de la commune bénéficieront de ce petit déjeuner une fois par semaine, dès vendredi.

En France, selon une étude du Crédoc (Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie), trois élèves par classe en moyenne arrivent en classe sans avoir pris un petit déjeuner avant de venir. Une situation qui concerne pas moins de 13% des enfants scolarisés en réseau d'éducation prioritaire.