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«Le gouvernement ne peut pas faire la sourde oreille» : à Lyon, étudiants et lycéens veulent maintenir la pression

La faible participation des lycéens au rassemblement organisé devant l'ENS ce matin interroge sur la dynamique du mouvement. [Jean-François FORT / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Malgré une mobilisation qui semble moins importante ce matin, étudiants et lycéens entendent poursuivre leur mouvement pour obtenir des changements durables dans le système éducatif. À Lyon, treize lycées et trois universités sont bloqués.

La mobilisation étudiante et lycéenne se poursuit à Lyon. Alors que plusieurs établissements restent bloqués, les manifestants souhaitent maintenir la pression sur le gouvernement afin d'obtenir des améliorations concrètes et durables des conditions d'enseignement. 

À l'échelle nationale, plusieurs actions ont également été organisées dès le début de la matinée. Les étudiants de la prestigieuse école HEC ont bloqué l'entrée de leur établissement, tandis que le lycée Fénelon, situé dans le 6e arrondissement de Paris, a lui aussi été concerné par un blocage. 

Dans ce contexte, le ministre de l'Éducation, Édouard Geffray, doit rencontrer par visioconférence les organisations lycéennes aux alentours de 17h30.

Un rassemblement sous surveillance à Lyon

À Lyon, treize lycées et trois universités sont actuellement bloqués. Une manifestation prévue dans la ville a toutefois été interdite par la préfecture. Des étudiants ont malgré tout décidé de se rassembler. Ils ont finalement obtenu l'autorisation d'organiser un rassemblement statique devant l'École normale supérieure (ENS), dans le quartier de Gerland.

Le rassemblement s'est déroulé sous étroite surveillance policière. Plusieurs fourgons de gendarmes mobiles étaient stationnés à proximité du site. Les participants étaient cependant peu nombreux ce matin, avec environ 200 personnes au maximum. Sur place, les pancartes affichaient des messages particulièrement critiques à l'égard du gouvernement.

Pour les étudiants présents, l'objectif est avant tout d'empêcher le mouvement de s'essouffler. Laurette, 20 ans, étudiante en sciences cognitives, estime que la durée de la mobilisation peut peser sur les décisions politiques.

"Le but, là, c'est vraiment de ne pas le laisser s'essouffler parce que plus ça durera longtemps, plus on pense que le gouvernement acceptera de faire de vrais changements qui comptent vraiment", explique-t-elle.

Des réformes pour améliorer durablement les conditions d'étude

Au-delà de la contestation immédiate, les manifestants défendent une transformation durable du système éducatif. Ils souhaitent notamment que les conditions d'apprentissage dans les lycées soient améliorées sur le long terme, afin de permettre à tous les élèves d'étudier dans de bonnes conditions et de préparer leurs examens, notamment le baccalauréat.

Antoine, étudiant à l'École normale supérieure, affirme soutenir les revendications portées par les lycéens. Selon lui, les réformes ne doivent pas se limiter à des mesures ponctuelles, mais s'inscrire dans une véritable stratégie à long terme.

"Ce qui est demandé, en tout cas par les mobilisations lycéennes et que nous, on soutient, ce sont des réformes qui soient vivables sur le moyen et le long terme, et pas juste : 'Cette année, on va faire ça'", souligne-t-il.

Il insiste sur la nécessité de garantir des conditions d'étude décentes pour les cinq, dix ou quinze prochaines années. Pour lui, l'enjeu est de permettre à l'ensemble des lycéens de bénéficier d'un environnement favorable à leur réussite scolaire. Il estime également que le nombre de personnes mobilisées autour de ces revendications devrait inciter le gouvernement à prendre leurs demandes en considération.

Malgré la détermination affichée par les étudiants présents, la faible participation des lycéens au rassemblement organisé devant l'ENS ce matin interroge sur la dynamique du mouvement. Cette présence limitée pourrait témoigner d'un certain essoufflement, même si une autre explication est possible : une partie des jeunes pourrait choisir de réserver ses forces pour la mobilisation annoncée samedi.