Lubrizol : riverains et salariés divisés sur la reprise de l'activité de l'usine

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Lubrizol Rouen 1:29
L'usine Lubrizol de Rouen a été autorisée à reprendre partiellement son activité par la préfecture le 13 décembre 2019. © AFP
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L'usine Lubrizol de Rouen, touchée par un incendie le 26 septembre dernier, a été autorisée à reprendre une partie de ses activités. Si les salariés sont soulagés, des habitants expriment leur crainte au micro d'Europe 1.
REPORTAGE

Près de trois mois après l'incendie de l'usine Lubrizol de Rouen, la préfecture de Seine-maritime a donné vendredi son accord pour une reprise partielle de ses activités, qui reprennent progressivement à partir de samedi. Le 26 septembre dernier, l'incendie de cette usine classée Seveso seuil haut avait provoqué un énorme panache de fumée noire de 22 km et 9.505 tonnes de produits avaient brûlé. 

"Tout va être contrôlé et vérifié"

La reprise d'une partie des activités de Lubrizol soulage les salariés de l'entreprise. Corinne Adam, l'une de leur représentante insiste sur le côté progressif de la reprise de l'activité de l'usine qui se fait selon elle "sous le contrôle accru des autorités." Elle ajoute : "de l'arrivée de la matière première jusqu'à la sortie du produit fini, tout va être contrôlé, vérifié : le déchargement de la matière première, le protocole des mélanges que nous allons faire, jusqu'à la sortie du produit fini. C'est sûr que ça va être regardé au peigne fin." 

Elle tient à rappeler que les deux unités de mélange concernées sont sans risque de réactions chimiques et que des travaux ont été faits pour écarter tout risque d'incendie.

"On a encore des traces de suie visibles à la maison"

Une partie de la population a beau soutenir cette reprise, elle a pourtant du mal à passer auprès des riverains. Surtout pour ceux comme Emilie qui, près de trois mois après, voient encore les stigmates de la catastrophe. "On a encore des traces de suie visibles à la maison, sur les extérieurs", explique cette riveraine. Elle souhaite que les habitants soient mieux informés de la suite des événements et surtout qu'ils soient "avertis des risques".

Les associations et certains élus craignent également que les intérêts économiques priment sur ceux de la population.

Europe 1
Par Hélène Terzian, édité par Céline Brégand