LA QUESTION SEXO - Je suis trop timide pour faire des rencontres, que faire ?

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Ce mercredi dans "Sans Rendez-vous", Catherine Blanc répond à Jérôme, 32 ans, un homme très timide qui n'arrive pas à aller vers des femmes en société. Pour la sexologue et psychanalyste, cela vient en partie de sa vision du rôle de l'homme. 

Une timidité maladive peut être un véritable poison dans les relations amoureuses. C'est ce que vit Jérôme, 32 ans, qui n'ose pas aller vers des femmes en société. Il réfléchit à s'inscrire sur une application de rencontres mais en a une mauvaise image. Dans Sans Rendez-vous ce mercredi, la sexologue et psychanalyste Catherine Blanc le rassure en expliquant qu'il n'est pas le seul à éprouver des difficultés pour "aborder" des femmes, et que les sites de rencontres peuvent être un bon outil. Mais cela ne doit pas être une fin en soi. 

La question de Jérôme

"J'ai 32 ans et je suis toujours célibataire. Le problème, c'est que je n'arrive jamais à aborder les filles dans les bars ou dans la rue : je suis trop timide. J'hésite même à m'inscrire sur les applications de rencontres mais j'ai une mauvaise image de ces outils. Qu'en pensez-vous ?"

La réponse de Catherine Blanc

"La timidité est merveilleuse avec parcimonie. Cela permet d'être tout à soi, à sa pudeur... Mais dans le cas de Jérôme, ça empêche complètement le lien à l'autre, ça bride son élan. Il y a de l'incapacité au passage à l'acte et je dirais même que plus il y a de l'incapacité, plus ce désir bouillonnant est perçu comme quelque chose de suspect et de coupable qui va créer finalement de la timidité accrue. C'est donc un véritable cercle vicieux.  

Mais on n'est pas obligé d'aborder une femme dans la rue pour séduire ? 

Non, mais c'est certainement la représentation qu'il a de ce que devrait être un homme, tout en ayant conscience qu'il n'y parvient pas et qu'il n'est pas à la hauteur de ses 'Superman' qui osent. Du coup il s'emmêle complètement et il est dans la difficulté. La réalité c'est que c'est difficile pour chacun d'entre nous d'aborder quelqu'un qu'on ne connaît pas, quand bien même cette femme serait intéressée parce qu'elle le trouverait à son goût. Parce que c'est difficile aussi pour la personne qui est abordée. 

Donc même s'il est désirable, ça mérite d'en savoir un peu plus. Et quand on aborde un peu sauvagement comme ça quelqu'un dans la rue, on n'est pas dans les meilleures conditions.  

Les sites de rencontres sont-ils une bonne solution ? 

Ça peut être un plus effectivement, mais la difficulté ensuite est de passer au face-à-face. On peut se retrouver alors dans une situation où la timidité reprend le dessus et être de fait très différent de l'homme que l'on était via des messages. C'est intéressant pour se lancer, mais moins ils écrivent avec spontanéité, plus la rencontre est compliquée. Or, justement, les grands timides sont dans le contrôle et établissent sur ces sites des relations extrêmement maîtrisées, qui sont à l'opposé de ce qu'il va se passer dans la réalité.   

Si c'est par le biais des applications qu'il rencontrera peut-être une femme, c'est en tout cas dans les relations avec ces dernières qu'il apprendra comment elles fonctionnent. Cela lui permettra de se détendre quant à cet échange entre hommes et femmes. Et puis il peut aussi réfléchir à l'origine de sa peur, à comprendre pourquoi il ne se sent pas à la hauteur. Mais là on est plus dans un cadre thérapeutique."

Europe 1
Par Catherine Blanc