"La plupart des blocages et des occupations dans les universités sont pacifiques"

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Pour Lilâ Le Bas, présidente de l'Unef, les dégradations dans les universités concernent une minorité. Selon le ministère de l'Enseignement supérieur, les dégâts pourraient dépasser le million d'euros.
INTERVIEW

"Les étudiants ne se mobilisent pas pour dégrader les locaux, mais pour réclamer de bonnes conditions d'études". Invitée d'Europe 1 Bonjour mardi, la présidente du syndicat étudiant Unef, Lilâ Le Bas, a réagi aux propos de Frédérique Vidal, qui a estimé que les dégradations dans les universités devraient dépasser le million d'euros.

Des dégradations qui "détournent" le débat. "C'est intéressant que la ministre de l'Enseignement supérieur parle enfin du budget des universités et aussi des dégradations des locaux des universités", a lancé la présidente du syndicat en réponse à l'estimation du million d'euros de dégâts dans les universités, depuis le début du mouvement de contestation contre la loi ORE. "Cela fait des années que les étudiants réclament des moyens pour obtenir des rénovations des locaux qui ont des fenêtres qui ne s'ouvrent pas, des chauffages qui ne marchent pas et de l'eau qui tombent dans les amphis". "Mais je ne soutiens pas ces dégradations", a-t-elle assuré au micro d'Europe 1. "Aujourd'hui, elles détournent le sujet de la mobilisation des étudiants". 

"Le gouvernement cherche à décrédibiliser et infantiliser". Selon Lilâ Le Bas, le mouvement de contestation n'est pas fini. "Plus d'une vingtaine de facs sont encore touchées à différents niveaux, avec des modalités décidées par les étudiants eux-mêmes lors des AG". "Cela passe par le blocage, le rassemblement ou la manifestation", détaille-t-elle. Mais elle l'assure, "la plupart des blocages et des occupations dans les universités sont pacifiques". "C'est le gouvernement qui cherche à décrédibiliser et infantiliser le mouvement. Il est dans le déni sur la mobilisation et sur les conséquences de cette réforme". 

Un appel à reporter les examens. Quant à savoir si les étudiants pourront passer leurs examens dans les prochaines semaines, la réponse est sans appel : "Il faut reporter les examens pour qu'ils puissent se passer dans de bonnes conditions", explique Lilâ Le Bas. "Les partiels doivent être reportés dans un premier temps, parce qu'il y a une vraie contestation qui existe, que l'on ne peut pas nier, minimiser et caricaturer sans arrêt comme le fait ce gouvernement". 

Europe 1
Par Ugo Pascolo