La France vient de connaître son printemps le plus chaud jamais enregistré "depuis le début des mesures en 1900", a annoncé ce mardi Météo-France dans son bilan climatique de cette saison, qui couvre pour les météorologues les mois de mars à mai.
Sous l'effet d'un dôme de chaleur qui bloque l'air chaud venu d'Afrique du Nord, l'Europe de l'ouest a subi une vague de chaud inédite pour un mois de mai. Des températures record ont été enregistrées dans plus de la moitié du pays, selon Météo-France.
"Avec une température moyenne de 13,8°C, ce printemps 2026 est le plus chaud jamais enregistré (anomalie de +1,7°C), devant les printemps 2011 (+1,5°C) et 2020 (+1,3°C)", indique l'établissement public ce mardi 2 juin.
D'autres vagues de chaleur attendues cet été
La vague de chaleur d'une précocité inédite qui a frappé la France dès le 23 mai, la première d'une année qui risque d'en voir d'autres, a touché à sa fin durant le dernier week-end de mai. Même si cette vague "ne présage en rien de la suite de l'été", il est "fort probable" que la France soit atteinte de nouvelles vagues de chaleur cet été, avait affirmé jeudi dernier Matthieu Sorel, climatologue à Météo-France.
Ces températures exceptionnelles pour un mois de mai posent des questions quant au niveau de préparation du pays aux prochaines canicules, qui avec le réchauffement climatique dû aux activités humaines deviennent plus intenses et fréquentes.
L'Europe est le continent qui se réchauffe le plus rapidement sur Terre, et cette vague de chaleur illustre à quel point la France voit son climat changer. Le gouvernement a présenté en mars 2025 son plan national d'adaptation au changement climatique doté d'une cinquantaine de mesures : fonds d'indemnisation pour les catastrophes, protection des travailleurs en cas de fortes chaleurs, travaux sur les transports, l'agriculture... L'exécutif a annoncé en février avoir enclenché 80% des mesures.
"Le plan n'est pas encore à la hauteur des enjeux", affirme toutefois auprès de l'AFP Vincent Viguié, économiste spécialisé dans le climat et l'environnement au Centre international de recherche sur l'environnement et le développement (CIRED), selon qui "c'est un plan qui pose beaucoup de diagnostics mais il y a très peu de mesures, notamment de mesures budgétées".