Dans "Christine Kelly et vous", Grégory Turpin confie l'importance que revêt pour lui le secret de la confession au travers d'un drame personnel : enfant il a été victime d'abus. L'animateur de Cœurs et Âmes pointe également que l'Assemblée nationale n'a pas a décidé des lois de l'Eglise.
Faut-il supprimer le secret de la confession faite à un prêtre au sein de la maison de Dieu ? C'est le sens d'une proposition de loi, débattue ce lundi à l'Assemblée nationale, qui prévoit d'y mettre un terme dans les cas de violences sur mineurs. Une idée face à laquelle l'Eglise a exprimé sa "grande préoccupation".
De son côté, Grégory Turpin, que les auditeurs d'Europe 1 retrouvent tous les samedis entre 14 heures et 15 heures dans Coeurs et Âmes, est contre. Il explique au micro de Christine Kelly et vous que c'est précisément ce secret "qui perdure depuis 900 ans" qui lui a permis de revenir d'un drame.
"C'est la première fois que je sors un peu du silence parce que la confession a été probablement le lieu où j'ai pu revivre. Lorsque j'étais enfant j'ai connu des abus, et alors que j'avais réussi à me confier à un professeur, la machine s'emballe : mes parents sont convoqués, la directrice est mise au courant, et l'enfant de 6e que j'étais a paniqué."
"Comme si l'Assemblée Nationale pouvait se permettre de dicter les lois de l'Église"
"Plutôt que de rentrer dans ce rouleau compresseur qui avait pour but d'être bienveillant", Grégory Turpin choisit de faire marche arrière. "Je pense que les adultes pensaient faire ce qui était le plus juste, mais j'ai préféré nier et dire que j'avais menti."
Il ne pourra arriver à redire la vérité lors de confessions auprès d'un prêtre "parce [qu'il sait] que dans ce secret, [il va] être protégé."
"Je sais que tout ne va pas s'emballer et c'est grâce à ce prêtre que petit à petit j'ai pu commencer à guérir, à en parler et à faire ce qu'il fallait pour sortir de cette emprise dans laquelle j'étais", témoigne-t-il. Grégory Turpin rappelle par ailleurs qu'il est "tombé de sa chaise" quand il a vu que cette question allait être débattue à l'Assemblée nationale, "comme si l'Assemblée Nationale pouvait se permettre de dicter les lois de l'Église".