À Paris, des commerçants sous le choc après les pillages et les dégradations dans la nuit du 18 au 19 octobre. Privés de leur outil de travail, ils tentent de sauver leur activité et de faire face aux charges.
"Cette pharmacie, j'y ai mis ma vie." Devant son officine parisienne, lundi 19 octobre, les yeux embués de larmes, avec des traces de mascara sur les joues, Odélia ne sait pas quand elle pourra rouvrir.
"C'est horrible. (...) J'y bosse depuis six ans. Je bossais 70 heures par semaine et je vois jamais mes gosses. Là je suis privée de tout ça et de la pire des façons", témoigne-t-elle au micro d'Europe 1.
La vitrine de sa pharmacie a été totalement arrachée après une nuit de violence avec des affrontements entre les casseurs et les forces de l'ordre le 18 octobre. À l'intérieur, tout ou presque a été volé ou détruit.
"Mon magasin a été pillé, brûlé, saccagé, souillé... Je n'ai même pas de mots. L'État ne nous a pas protégés et l'État ne nous protégera pas. Je suis dépitée, je suis triste, je suis complètement sous le choc", détaille Odélia.
"On est obligé de travailler"
Dans une rue adjacente, la porte de ce salon de coiffure ne tient presque plus soutenue par des planches de bois. Malgré les dégâts, Delphine, l'une des employées, n'a pas eu d'autre choix que d'ouvrir.
"On a besoin pour payer le loyer, pour payer les frais, parce que les frais ne s'arrêtent pas évidemment. Si vous ne rentrez pas d'argent, vous ne payez pas les charges, les impôts, tout ce qu'il y a derrière. On nous taxe, on nous taxe, on est des vaches à lait. On est obligé de travailler. On peut mettre la clé sur la porte, c'est une catastrophe", explique cette coiffeuse.
Pour ces commerçants, c'est désormais une course contre la montre. Pour les entreprises, il faut barricader les boutiques au plus vite face au risque de nouveaux pillages. Pour éviter de nouveaux épisodes de vols, Matignon a annoncé de premiers couvre-feux pour lundi 19 octobre et mardi 20 octobre à partir de 20h et jusqu'à 06h du matin dans quatre communes du Nord, dont Lille, avec l'accord des maires concernés.