Alain Bauer, professeur émérite de criminologie au Conservatoire national des arts et métiers, a déploré une hausse de l'insécurité en France lors de "La Grande Interview Europe 1 - CNews", ce vendredi.
Invité de "La Grande Interview Europe 1 - CNews" ce vendredi 15 mai, Alain Bauer, professeur émérite de criminologie au Conservatoire national des arts et métiers, a réagi à la fusillade qui a coûté la vie à un adolescent à Nantes, jeudi soir.
"Depuis une dizaine d'années, le nombre de jeunes gens de 13 à 15 ans mis en cause dans des affaires de terrorisme, de narcotrafic ou comme tueurs à gage — recrutés sur internet ou sur les réseaux sociaux — a été multiplié par dix", souligne-t-il.
De manière générale, la violence est en hausse : au cours des quinze dernières années, le nombre de tentatives d'homicide a explosé, selon les chiffres 2025 de la délinquance. "On a inversé un processus de réduction de la criminalité violente par un processus de réaugmentation extrêmement rapide, avec un enracinement territorial extrêmement puissant et des situations qui se dégradent, y compris à l'ouest de la France, qui était la zone la moins touchée", analyse-t-il au micro de Thomas Bonnet.
"L'État ne voulait pas admettre qu'il avait perdu le contrôle"
Pour Alain Bauer, la réponse politique passe d'abord par "une loi, un mouvement, une posture, une déclaration la plus solennelle possible", puis par "la saturation du terrain", en allant "au cœur des problématiques".
Alors "qu'il a fallu attendre 2025 pour qu'une commission d'enquête du Sénat découvre que le narcotrafic existait", il déplore l'inefficacité gouvernementale. "Tous les acteurs de terrain étaient au courant, mais l'État ne voulait pas admettre qu'il avait perdu le contrôle d'une partie du territoire", regrette-t-il.
"C'est vrai qu'il n'y a pas de zone de non-droit, mais il y a des zones où l'activité de la police est plus ou moins facile», poursuit-il. "Quand pompiers, policiers et agents publics se font caillasser et agresser parce qu'on leur signifie que le territoire ne leur appartient plus — et qu'on leur enjoint de reculer plutôt que d'insister —, il y a clairement une politique d'État qui mérite d'être repensée".