Près de 3.000 personnes ont été évacuées jeudi dans le sud de la France en raison de plusieurs incendies. Alors que plus de 2.000 pompiers restent mobilisés et que les flammes continuent de progresser dans l'Aude et l'Hérault, les secours dénoncent des feux majoritairement causés par l'activité humaine. Une fois encore, les jets de mégots sont au cœur des soupçons et suscitent la colère des habitants comme des élus.
Des vacanciers désemparés et des pompiers inquiets. 3.000 personnes, principalement des campeurs, ont été évacuées ce jeudi 2 juillet à cause d'incendies dans les Pyrénées-Orientales, à Saintes-Maries-de-la-Mer et à Canet-en-Roussillon. Dans l'Aude et l'Hérault, le feu sévit toujours au matin du vendredi 3 juillet. Il a parcouru 900 hectares et 2.000 soldats du feu sont mobilisés au total dans le Sud, rapporte le commandant et porte-parole de la Fédération nationale des Pompiers de France, Eric Brocardi.
Il rappelle que 9 feux sur 10 sont liés à l'activité humaine. 10% d'entre eux sont d'origine criminelle, les autres le fruit d'une maladresse ou d'une imprudence, comme les jets de mégots. C'est d'ailleurs bien la piste privilégiée après l'incendie qui a parcouru près de 300 hectares jeudi entre Lançon-Provence et La Fare-les-Oliviers à 20 kilomètres de Marseille. Les pompiers sont exaspérés.
"Chaque année, c'est pareil"
Une fois encore, le feu est parti d'un bord de route. Pour le chef de corps des sapeurs-pompiers Jean-Luc Beccari, la conclusion est évidente. "Malheureusement, malgré tous les appels à la prudence que nous pouvons faire, nous avons encore eu deux feux de bord de route. Les feux de bord de route, ce sont des jets de mégots et c'est réellement inadmissible. Donc, aujourd'hui encore, je lance un appel à tout le monde : soyons extrêmement prudents", alerte-t-il.
L'incompréhension est également présente parmi les personnes évacuées de chez elles à cause des flammes, comme Arnaud. "Il y a de la colère car chaque année, c'est pareil. Les mégots de cigarette, dès qu'il y a un peu de vent, ça part de suite", dénonce ce riverain.
Le maire de La Fare-les-Oliviers, Jerome Marciliac ne cache pas non plus sa colère. "Cela m'exaspère, parce que c'est une catastrophe environnementale, ça peut être une catastrophe humaine. La colline qui a brûlé, ça va mettre des dizaines d'années à reprendre ses droits, la bêtise n'a pas de limite", se désole l'édile. Pour rappel, le jet de mégots est passible d'une amende de 135 euros.