Si l'incendie dans la Drôme, déclenché fin juin, est désormais sous contrôle, les agents de l'Office national des forêts doivent désormais œuvrer à la reconstruction des zones dévastées par les flammes. Europe 1 s'est rendue dans la forêt domaniale de Solaure pour recueillir leurs témoignages.
Dans la Drôme, l'incendie près de Die, déclenché le 23 juin, a détruit 4.223 hectares et ravagé trois forêts domaniales. De quoi faire de ce sinistre le plus important feu de forêt de l'année 2026 en France et le plus vaste jamais enregistré dans le département.
Un travail de longue haleine
Si le feu est désormais fixé, les massifs restent sous étroite surveillance. Une autre bataille commence : celle des forestiers de l'ONF, qui doivent reconstruire et imaginer la forêt de demain. Un travail de longue haleine, qui s'étalera sur plusieurs années.
Dans la forêt domaniale de Solaure, le sol est encore calciné et les troncs de pins noirs d'Autriche noircis par les flammes. "Il faut d'abord avoir ce temps d'observation pour identifier les secteurs où la forêt se régénère par elle-même. Par endroits, la forêt aura conservé sa capacité de résilience naturelle. Là où le feu est passé avec une intensité plus modérée, le sol, qui conserve une banque de graines, n'a pas forcément été impacté trop profondément. Et donc, ces graines vont pouvoir, avec le temps, germer et produire la forêt de demain", explique Pierre Demangeat, directeur de l'ONF en Drôme-Ardèche.
Pour affiner leur diagnostic, les forestiers utilisent aussi un drone. "On va regarder à la fois la hauteur du tronc noir, mais aussi le poumon de l'arbre, c'est-à-dire les aiguilles. Et quand on a 30 à 50% d'aiguilles vertes, on peut espérer que cet arbre-là s'en sorte, arrive à se relever et puisse ensuite produire des graines", analyse, lui, Julien Romatif, chef du service forêt à l'ONF.
Si, après trois ans, la régénération naturelle est insuffisante, des opérations de reboisement seront alors envisagées. "On va énumérer, identifier les espèces qui, d'après les connaissances que l'on a, seront en capacité d'être adaptées au sol particulier de ces forêts : un sol superficiel, assez rocailleux, avec un climat montagnard, rude en hiver avec des températures assez basses, mais aussi sec et chaud en été", poursuit Pierre Demangeat.
Les agents de l'ONF miseront aussi sur une diversification des essences afin de reconstituer une forêt plus résiliente face aux aléas climatiques.