Après une troisième nuit "calme" sur le front du mégafeu qui a ravagé 42.000 hectares en Gironde, toujours stabilisé jeudi, la préfecture a autorisé 84.000 nouvelles personnes à rentrer "immédiatement" chez elles et annoncé la réouverture de l'autoroute A63 à partir de 14H00.
Sont concernés les habitants de neuf communes du nord-ouest au sud de Bordeaux : Mios, Le Barp, Cestas, Saint-Jean-d'Illac, Martignas-sur-Jalles, Saint-Médard-en-Jalles, Saint-Aubin-du-Médoc, Salaunes et Sainte-Hélène.
Mardi soir, 57.000 résidents d'Eysines, Mérignac et Le Haillan avaient déjà été autorisés à revenir chez eux. Au total, plus de la moitié des 220.000 personnes évacuées depuis le déclenchement du feu, le 22 juillet, ne sont plus concernées par ces mesures préventives.
Une délivrance pour les habitants et les commerces
Cestas, commune de 16.000 habitants restée pendant 4 jours à l'état de ville fantôme, voit sa vie normale reprendre petit à petit. Les volets rouvrent, les voitures circulent à nouveau et les commerces comme le bar-tabac de Marie recommencent à accueillir des clients.
"On a appris ce matin à 10h que Cestas pouvait être de nouveau habité. Je me suis précipité pour ouvrir le bar-tabac-presse. Avec les 4 jours de fermeture, je me suis précipitée pour ouvrir, soit un quart d'heure après l'annonce. Vous voyez mon collègue en train de faire le ménage (sic), on essaie de tout remettre au propre. C'est beaucoup de travail, mais avec plaisir", raconte-t-elle au micro d'Europe 1.
Une délivrance ici pour presque tout le monde, puisque les dégâts en termes de trésorerie pour les entreprises, notamment dans le secteur touristique, laisseront des traces. L'autoroute A63, celle qui relie Bordeaux à Bayonne, a ouvert à partir de 14h. C'est la conséquence d'une nette amélioration des conditions météo dans le département : le thermomètre affiche 10 degrés de moins que mercredi.
De bonnes conditions qui pourraient durer, ce qui devrait permettre aux près de 100.000 personnes toujours hébergées en ce moment de regagner leur domicile d'ici cette fin de semaine, même si Sophie Brocas, préfète de Gironde, reste prudente et vigilante.
"Il reste deux points actifs. D'une part, au sud de Lacanau, sur le cordon dunaire du Porge, qui est un endroit difficile d'accès pour les sapeurs-pompiers. Et puis la presqu'île du Cap-Ferret, qui reste toujours inaccessible", a-t-elle expliqué.
Et de conclure : "Sur le plan des moyens, 3.300 sapeurs-pompiers sont toujours mobilisés ainsi que 24 moyens aériens, dont des moyens aériens européens. Ce jeudi, la commissaire européenne en charge des crises a passé la journée avec nous. Elle est allée sur le terrain faire un survol du feu. Elle indiquait qu'il y a des difficultés partout."