Le confinement est terminé pour les quelque 30.000 habitants de cinq communes du nord de la Moselle. Déclenchée après un spectaculaire incendie dans un entrepôt de déchets industriels classé Seveso, la mesure a été levée dimanche, les analyses ayant écarté tout risque de toxicité.
Le confinement de quelque 30.000 habitants du nord de la Moselle incités à rester chez eux plusieurs heures dimanche en raison d'un incendie dans un entrepôt de déchets industriels a été levé, le feu à l'origine d'un immense panache de fumée ayant été maîtrisé et le risque de toxicité éliminé.
"Des mesures ont été réalisées (...) afin d'évaluer l'impact des fumées. Les résultats de ces analyses ont permis d'éliminer le risque de toxicité et de pollution dans les communes concernées", a indiqué la préfecture dans un communiqué.
"Vous pouvez quitter votre domicile si nécessaire"
En conséquence, "la mise à l'abri des communes de Gandrange, Amnéville, Clouange, Vitry-sur-Orne et Rombas est désormais terminée. Vous pouvez quitter votre domicile si nécessaire", ont fait savoir les autorités dans un message diffusé sur les téléphones portables "bornant" dans la zone.
L'incendie avait démarré vers 10h30, dans un entrepôt classé Seveso "seuil bas", situé sur le site de la société Safe (Suez Alternative Fuels & Energies), dans la zone industrielle de Gandrange, non loin des installations d'ArcelorMittal, qui est propriétaire du terrain et le loue à Safe.
Dans la matinée, les habitants des cinq communes concernées avaient été priés de "demeurer confinés jusqu'à nouvel ordre" à leur domicile, par "mesure de précaution".
"C'est un feu généralisé dans un entrepôt de déchets industriels de 800 mètres carrés, dont la structure s'est effondrée", a précisé à l'AFP une chargée de communication du Centre opérationnel d'incendie et de secours (Codis) de Moselle, Géraldine Chambeaudie.
135 sapeurs-pompiers, professionnels et volontaires mobilisés
Quelque 135 sapeurs-pompiers, professionnels et volontaires, ont été mobilisés sur place, avec 40 engins, provenant d'une vingtaine de casernes. Un pompier et un employé du site ont été légèrement blessés et transportés à l'hôpital, tandis qu'un autre pompier, légèrement blessé également, a pu être pris en charge sur place.
Soulignant notamment "la présence de produits chimiques", les élus locaux avaient relayé sur les réseaux sociaux les consignes officielles de prudence : "restez chez vous. Fermez portes et fenêtres. Evitez toute sortie et tout déplacement non indispensable. Ne vous approchez en aucun cas de la zone de l'incendie".
Selon le quotidien régional Le Républicain lorrain, le panache de fumée était visible "des kilomètres à la ronde", jusqu'à Metz, à une quinzaine de kilomètres au sud.
Odeur affreuse
"Quand je suis sortie du cinéma à Amnéville, ça nous a pris dans les narines, la fumée était très forte", raconte à l'AFP Amandine Vecchio, 34 ans, élue municipale à Clouange. "Ca ne sentait pas le brûlé, mais l'odeur était affreuse, et ça m'a tout de suite donné des maux de tête", poursuit la trentenaire, dont la fille de 8 ans "a eu peur".
"Je lui ai demandé de mettre son nounours devant son nez", raconte encore Mme Vecchio, qui a ensuite appelé son fils adolescent resté à la maison pour qu'il ferme les fenêtres et fasse "rentrer les chats et le chien".
En milieu d'après-midi, quelques passants parcouraient à nouveau, sous un franc soleil, les rues des environs. Alors que le panache de fumée n'était plus visible, une légère odeur âcre continuait à flotter sur place en fin d'après-midi, ont constaté des journalistes de l'AFP.
Il ne restait plus grand chose du bâtiment industriel presqu'entièrement détruit par les flammes, et que les pompiers continuaient d'arroser.