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Île-de-France : des blocus dans des lycées de banlieue dégénèrent

Une dizaine de lycées ont subi des blocus depuis le début de la semaine en Île-de-France, selon l'académie de Créteil, notamment ce jeudi à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) où des élèves entendaient protester contre la surcharge de leur classe et leur emploi du temps.

"Il y a eu ce jeudi matin un blocus du lycée Auguste Blanqui à Saint-Ouen, avec un attroupement, des mouvements, des dégâts matériels, mais pas de blessé", a expliqué à l'AFP une porte-parole du rectorat, précisant que l'établissement restait fermé pour l'après-midi à la demande de la police.

En milieu de journée, des élèves y contemplaient à travers les grilles les dégâts occasionnés par le rassemblement ayant dégénéré en actes de vandalisme ou tirs de mortiers d'artifice, la police scientifique y relevant des indices, entre traces d'incendie au sol et poubelle et caddie renversés, a constaté l'AFP.

"Au départ, c'était un blocus pacifique, mais c'est allé trop loin quand des jeunes extérieurs au lycée, une quinzaine, venus d'une autre ville, en ont profité pour faire n'importe quoi", a estimé un élève de première, Lokman, 16 ans, évoquant une action née de "la frustration accumulée par les élèves concernant la surcharge des classes et des plannings ou les absences de profs".

Un sentiment d'abandon

"On est un peu un lycée pauvre... (Notre emploi du temps), c'est 8h00-18h00 le lundi et le mardi, on est 34 élèves dans la classe, parfois, on n'a même pas de chaise ni de table libres", assurait Abdelaziz, 14 ans, en seconde. "Alors comme on a vu (sur les réseaux sociaux) que les blocus, ça marchait pour les autres lycées, on a fait un groupe Snap pour en convoquer un ce matin, c'étaient surtout les terminales", a-t-il rapporté à une journaliste de l'AFP.

"C'est parce qu'on est en banlieue pauvre que l'Etat fait moins pour nos conditions de travail d'élèves", renchérissait Bilal, 15 ans, en Seconde.

Selon le rectorat, ces blocus ont concerné depuis le début de la semaine "une dizaine de lycées du Val-de-Marne (où ça a commencé) et de Seine-Saint-Denis, avec des protestations concernant les emplois du temps surchargés et des revendications très diverses selon les établissements". "Des lycéens" y participent et parfois "des jeunes de l'extérieur qui viennent et qu'on a du mal à identifier", a-t-on précisé.

Un mouvement d'élèves

De source policière, plusieurs incidents avaient été répertoriés en début de semaine, en particulier dans le Val-de-Marne et à Versailles, avec "tentatives de blocages" ou "poubelles enflammées".

Pour le rectorat, "il ne s'agit pas d'un mouvement politique, mais d'un mouvement d'élèves, sur des éléments très concrets propres à chaque établissement. Par contre, il y a un effet d'entraînement sur les réseaux sociaux".

Mercredi, la présidente du Conseil régional, Valérie Pécresse (Les Républicains) avait, en séance plénière, "dénoncé et condamné avec la plus grande fermeté ces actes de violences aux abords des établissements" et avait dit vouloir se battre "contre toute tentative d'instrumentalisation politique des lycéens".