Aller au contenu principal
Actuellement à l'antenne

«Il y a eu une hystérie collective» : Jordan Florentin, journaliste Frontières, pris à partie lors de la manifestation à Saint-Denis

[Daniel Perron / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Un journaliste de Frontières, Jordan Florentin, s'est rendu le 4 avril à la manifestation antiraciste de Saint-Denis, organisée par le nouveau maire, Bally Bagayoko. Il a été pris à partie par des manifestants, ainsi que son agent de sécurité, insulté de "noir de service", tandis que son matériel a été dégradé. Au micro d'Eliot Deval, Jordan Florentin est revenu sur son expérience.

Lors de la manifestation antiraciste organisée à Saint-Denis le 4 avril par Bally Bagayoko, le journaliste de Frontières Jordan Florentin a été pris à partie par des manifestants. Il raconte au micro d'Eliot Deval son agression. 

"Dieu seul sait ce qui aurait pu se passer si la police n'était pas là"

"C'était un rassemblement qui était avant tout une démonstration de force de l'extrême gauche, où je n'ai pas vraiment vu où était l'antifascisme et où était l'antiracisme", a témoigné le journaliste.

"On a pu voir que le PS était bel et bien présent, mais a été malmené également et insulté par le maire de la Courneuve, Aly Diouara. Et à notre simple présence, il y a eu une véritable hystérie, un attroupement autour de nous. Dès lors qu'on a été reconnus, nous avons été insultés, traités de fachos, de nazis, et Dieu seul sait ce qui aurait pu se passer si la police n'était pas là", a-t-il poursuivi.

"Notre caméra a été plusieurs fois touchée, notre micro a été jeté au sol. Donc, c'est vrai que dans ces moments-là, dans une ville où on sait que le maire a prévu le désarmement de la police municipale, on se demande bien ce qui pourrait arriver."

Toujours interrogé par Eliot Deval, Jordan Florentin a critiqué l'absence de "véritable sécurisation des médias et des journalistes sur le terrain en France". 

Un avenir sombre pour 2027

"Il faut quand même se rendre compte que c'était, d'une certaine façon, le premier meeting de la Nouvelle-France pour l'élection présidentielle de 2027. C'est les premiers jalons qui sont posés, et donc on peut craindre pour l'avenir de la liberté de la presse."

Puis, il est revenu sur les insultes subies par son agent de sécurité, qui l'a pourtant accompagné à une marche antiraciste. "Mais ça avait déjà été le cas lors d'un rassemblement avec Sébastien Delogu il y a un an, où ils [les agents de sécurité] ont été traités, je cite, de "noirs de service". 

"Si je comprends bien, le raisonnement serait qu'un homme noir ne pourrait voter qu'à gauche, ou en tout cas ne pourrait pas avoir d'autres idées que les leurs. Ce serait donc des noirs de service. Et là-dessus, je n'ai effectivement pas entendu le maire Bally Bagayoko condamner ses propos racistes au cœur de son événement", a-t-il conclu.