Hôtesses "potiches" : 20.000 signatures pour dénoncer sexisme et discriminations

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La créatrice de la pétition regrette "l'impression de passer aux yeux des autres pour une plante verte".
La créatrice de la pétition regrette "l'impression de passer aux yeux des autres pour une plante verte". © NELSON ALMEIDA / AFP
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L'initiatrice de la pétition souhaite "rencontrer la ministre du Travail", Muriel Pénicaud, pour lui demander "un plan d'action" contre le sexisme et la discrimination à l'embauche dans la profession.

Une pétition lancée mardi, intitulée "Dépotichons le métier d'hôtesse en événementiel !", avait recueilli vendredi plus de 20.000 signatures.

"Mettre fin au sexisme inhérent à ce métier"

"Alice", l'initiatrice de la pétition, qui est aussi la créatrice du compte Twitter #PasTaPotiche, estime dans ce texte avoir parfois, dans son métier, "l'impression de passer aux yeux des autres pour une plante verte, c'est dégradant et je ne me sens pas utile dans mon travail".

Dénonçant, outre le sexisme présent dans ce métier, la discrimination à l'embauche, notamment sur l'âge, les mensurations, la couleur de peau, la jeune femme  - qui préfère rester anonyme - assure à l'AFP vouloir "rencontrer la ministre du Travail", Muriel Pénicaud, pour lui demander "un plan d'action".  Elle lui demande de "mettre fin au sexisme inhérent à ce métier".

"Il suffit qu'on se plaigne pour que notre agence ne nous rappelle plus"

Fin juillet, en plein Tour de France, des militantes féministes avaient lancé une pétition réclamant la fin de la "tradition sexiste" qui réside dans la présence d'hôtesses sur les podiums de l'épreuve cycliste. Celle-ci a recueilli à ce jour 37.000 signatures. 

C'est suite à cette première pétition qu'Alice a lancé le compte Twitter #PasTaPotiche le 27 juillet, réunissant des témoignages d'hôtesses, anonymes ou à visage découvert. "Se mobiliser sur les réseaux sociaux nous permet de discuter, de se connaître", explique Alice, alors que son métier, souvent exercé seule, est peu propice au rassemblement. De plus, "il suffit qu'on se plaigne pour que notre agence ne nous rappelle plus", assure-t-elle, justifiant ainsi son anonymat.

Alice se défend cependant de vouloir "faire interdire le métier d'hôtesse" : "Je fais parfois des tâches très utiles au quotidien, mais d'autres sont parfaitement inutiles".