Hôpital : 15 à 20 millions d'euros nécessaires pour les femmes victimes de violences

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L'hôpital est un "lieu-clé" pour la prise en charge des femmes, selon le rapport (photo d'illustration). © Richard Juilliart / AFP
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Un rapport de l'Inspection générale des affaires sociales appelle à la création d'une mission d'intérêt général (MIG) dédiée à ces enjeux. 

La prise en charge à l'hôpital des femmes victimes de violences nécessiterait une enveloppe financière "dédiée" de 15 à 20 millions d'euros par an, estime l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) dans un rapport publié vendredi. Aucune dotation du ministère de la Santé ne finance actuellement de mission d'intérêt général (MIG) "adaptée aux enjeux de prise en charge des violences faites aux femmes", constate l'Igas. "Il paraît donc nécessaire de procéder à la création d'une MIG dédiée (...) pour soutenir les dépenses de fonctionnement, tout particulièrement de personnel, impliquées par les prises en charge hospitalières".

100.000 à 150.000 euros par groupement hospitalier. Les auteurs du rapport considèrent "qu'une enveloppe abondée au total à hauteur de 15 à 20 millions d'euros en année pleine serait de nature à répondre aux besoins identifiés", soit 100.000 à 150.000 euros par groupement hospitalier de territoire (GHT) afin de soutenir des structures ad hoc au niveau local. Sans ce soutien du ministère, "les projets portés dans les territoires risquent d'être dépendants de la situation financière des établissement de santé et de rester lettre morte".

L'hôpital, un "lieu-clé" pour la prise en charge. L'Igas rappelle que "plus de 200.000 femmes chaque année, a minima, sont victimes de violences" et que "l'hôpital est un lieu-clé pour (leur) prise en charge", en particulier aux urgences et dans les services de gynécologie obstétrique. Ce rapport, daté de mai 2017, avait été commandé en novembre 2016 par l'ex-ministre de la Santé, Marisol Touraine. Samedi, Emmanuel Macron a annoncé la création, dès 2018, dans les centres hospitaliers, "d'unités spécialisées dans la prise en charge globale" psychotraumatique des femmes victimes de violences. Dix d'entre elles sont déjà prévues dans les "mois qui viennent" en France métropolitaine "à titre pilote", avait-il indiqué.