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Harcèlement scolaire : «Ils ont tenté de me tuer et de me brûler vive», témoigne Anne-Liz Deba

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Victime de harcèlement scolaire de 11 à 18 ans, Anne-Liz Deba raconte dans La Libre Antenne avoir alerté très tôt les adultes qui l'entouraient, sans se sentir entendue. À 25 ans, elle transforme aujourd'hui son expérience en actions de prévention auprès des enfants et des adultes.

Pendant sept ans, de ses 11 à ses 18 ans, Anne-Liz Deba raconte avoir subi du harcèlement scolaire. Une violence dont elle assure avoir parlé très tôt autour d'elle. Mais au lieu de trouver immédiatement la protection qu'elle recherchait, la jeune femme explique que sa parole a d'abord été minimisée.

"J'ai rapidement verbalisé, c'est vrai. Mais malheureusement, dès les premiers mots que j'ai pu prononcer, on m'a tout de suite dit que c'était juste pour rire, que c'était des jeux et que, comme j'étais une fille, les garçons qui me harcelaient étaient amoureux de moi", témoigne-t-elle dans La Libre Antenne. Selon elle, ces réponses venaient notamment des enseignants, des surveillants et de l'administration de son établissement.

"Je me suis retrouvée complètement seule"

À 13 ans, la situation aurait pris une dimension autrement plus grave. Anne-Liz Deba raconte que les garçons qu'elle désigne comme ses harceleurs lui ont tendu un guet-apens. "Ils ont acheté deux bidons d'essence, un briquet, ils m'ont renversé un bidon d'essence entier sur moi et ils ont menacé de me brûler", affirme-t-elle.

La jeune femme indique qu'aucun adulte ne se trouvait sur les lieux. Ce n'est que le lendemain qu'elle dit avoir raconté ce qui venait de se produire à sa mère. "L'école a enfin pris au sérieux toutes mes plaintes depuis le début", se souvient-elle. Elle affirme avoir alors déposé une première plainte, par la suite classée sans suite.

Pour Anne-Liz Deba, cet épisode illustre les conséquences que peut avoir la minimisation de la parole d'un enfant. "Je me suis retrouvée complètement seule", raconte-t-elle. "Si un enfant se plaint, si un enfant ose dire qu'il est victime de violence, ose dire qu'il va mal, on va faire comme si ce n'était pas grave et on va vraiment minimiser, voire invisibiliser sa parole et son vécu."

"On ne sort pas des violences"

Selon son témoignage, les conséquences de ces années de harcèlement ont largement dépassé le cadre scolaire. Anne-Liz Deba évoque des troubles du comportement alimentaire, des automutilations ainsi que des passages aux urgences et des hospitalisations pendant sa jeunesse et au début de sa vie d'adulte.

À 25 ans, elle refuse l'idée qu'un tel vécu puisse simplement appartenir au passé. "Je pense qu'on n'en sort pas quand on vit des violences, c'est à vie", confie-t-elle. "Ça laisse des traces à vie, même si elles ne se voient pas. Nous, on vit avec."

Elle raconte néanmoins avoir progressivement trouvé des ressources auprès de ses proches, mais aussi grâce au handball et à l'écriture. Surtout, la jeune femme explique avoir cherché elle-même un accompagnement psychologique. "Moi, j'ai pas attendu que mes parents fassent attention à mon bien-être, à ma santé. Je suis allée trouver de l'aide toute seule."

Anne-Liz Deba cite notamment le CMP, la Maison des adolescents et le Planning familial parmi les structures auprès desquelles elle dit avoir trouvé un accompagnement en grandissant.

De son histoire à la prévention

Aujourd'hui, Anne-Liz Deba a décidé de mettre son expérience au service des autres. Elle explique avoir créé Atelier Smile et le podcast Smile, dans lesquels elle aborde notamment la reconstruction après les violences. Elle dit également intervenir dans le cadre d'actions de prévention auprès d'enfants, de familles et d'établissements scolaires.

Son objectif est notamment de faire évoluer le regard des adultes. "Faire en sorte que les consciences s'éveillent, que les adultes commencent à prendre en considération les enfants. Et qu'ils surtout se mettent à hauteur d'enfant", explique-t-elle.

Son parcours judiciaire n'est pas terminé non plus, selon son récit. Anne-Liz Deba indique avoir déposé une nouvelle plainte avec constitution de partie civile avec son avocate. Elle affirme qu'une enquête est actuellement en cours et que les personnes qu'elle met en cause ont été auditionnées. Aucun jugement n'avait encore été rendu au moment de son passage dans La Libre Antenne.

Une démarche qui s'inscrit, pour elle, dans les traces toujours présentes de ces années de harcèlement. "Être victime de harcèlement scolaire, c'est quelque chose d'énorme, ça dure [...] à vie. Les conséquences, elles sont là au quotidien", résume-t-elle.