Syndicats, jeunes et Gilets jaunes appellent à une journée de grève et de manifestations pour les salaires ce jeudi. Un TGV sur dix supprimé, des RER et TER perturbés, des écoles fermées, des ports bloqués... Voici les principaux impacts attendus.
Journée de grève jeudi 5 novembre partout en France, avec de fortes perturbations à prévoir dans les transports et l'Education nationale, selon les annonces de la SNCF, de la RATP et du ministère de l'Intérieur. Plusieurs syndicats de l'enseignement seront également en grève, dans les écoles, collèges et lycées.
Éducation : des écoles fermées
Le ministère de l'Éducation nationale estime le taux de grévistes à 17,54% dans le premier degré public. S'il juge "difficile de figer une moyenne nationale" dès mercredi, le Snuipp-FSU, premier syndicat du primaire, s'attend à une forte mobilisation, avec "un enseignant sur deux gréviste dans l'Oise, 40% en Eure-et-Loir et entre 50 et 70% en Ille-et-Vilaine". "En Seine-Saint-Denis, les prévisions atteignent jusqu'à 75% dans certains secteurs, tandis qu'à Paris, nous recensons déjà près de 80 écoles fermées", ajoute le syndicat.
Dans le second degré, la grève devrait être "bien suivie", selon Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, premier syndicat des collèges et lycées. Les syndicats de l'enseignement privé appellent aussi à la grève.
Selon la Fep-CFDT, "les indicateurs semblent montrer que la mobilisation sera plus suivie côté privé que la précédente", "le contexte social, politique [étant] propice à cette mobilisation". Les cantines, accueils périscolaires et garderies fonctionneront au ralenti, avec des cantines fermées à Strasbourg.
Transports, la SNCF et les RER touchés
Les quatre organisations représentatives de la SNCF (CGT, Unsa ferroviaire, Sud Rail et CFDT) ont appelé ensemble à la grève. La direction prévoit un trafic allant de "perturbé" à "fortement perturbé" sur les lignes régionales, notamment en Auvergne-Rhône-Alpes, dans les Hauts-de-France, en Bretagne et en Provence-Alpes-Côte d'Azur, mais préservé sur les grands axes, avec un TGV sur dix supprimé. Ce sera plus compliqué sur les Intercités et les TER.
En Île-de-France, le trafic sera affecté sur les RER B, C, D et E, ainsi que sur les lignes J, L, H, N, R et U, avec entre un train sur deux et un train sur trois supprimé. Il sera normal sur le RER A et les lignes K, P et V. La RATP table sur un trafic normal sur ses métros, bus et tramways.
Côté maritime, les dockers de la CGT seront en grève dans tous les ports français, après une grève de 24 heures vendredi qui a bloqué tous les ports. Un préavis a aussi été déposé par la CGT, FO, Sud Aérien et l'Unsa Aérien pour les contrôleurs aériens. Les recommandations de baisse du trafic envoyées aux compagnies, détaillées par aéroport, doivent être connues mercredi soir.
Des Gilets jaunes prévoient en outre des actions sur certaines routes, ronds-points ou autoroutes, dont l'ampleur est difficile à anticiper. À Strasbourg, un blocage est prévu sur l'A35 dès 8h. En Isère, la Confédération paysanne doit organiser un barrage filtrant à Voreppe, près d'un péage de l'A48.
Hôpitaux, Poste
Dans les hôpitaux publics parisiens (AP-HP), FO et la CGT appellent à la grève pour obtenir le retrait des coupes budgétaires prévues dans les projets de budget de l'État et de la Sécurité sociale. Les deux organisations appellent aussi à des assemblées générales pour établir des "cahiers de revendications service par service", car "les personnels de l'AP-HP n'en peuvent plus" de la dégradation de leurs conditions de travail.
Plusieurs syndicats de la Poste (CFDT, CGT FAPT, Sud PTT et FO) appellent également à la grève. La CGT, deuxième syndicat, a même déposé un préavis de grève illimité à partir du 5 novembre.