"Gilets jaunes" : la justice "a multiplié par trois l'effectif du parquet" de Paris pour juger les responsables des violences

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Après les violences de samedi, qui ont conduit à 378 placements en garde à vue, la justice se mobilise pour les premières comparutions immédiates prévues dès ce lundi. 

C'est un dispositif exceptionnel. Après les violences et les dégradations commises lors de la troisième journée de mobilisation des "gilets jaunes" samedi, au cours de laquelle 378 personnes ont été placées en garde à vue, la justice réagit et compte taper elle aussi du poing sur la table.

Des comparutions immédiates dès ce lundi. "On a multiplié par trois l'effectif du parquet", indique le procureur de Paris, Rémy Heitz, au micro d'Europe 1. Après les violences du week-end, notamment autour et dans l'Arc de Triomphe, les comparutions immédiates vont débuter dès ce lundi. "Il y a eu beaucoup de volontaires qui se sont proposés et qui devront nous aider encore pendant deux-trois jours, car il faudra tenir les audiences", ajoute-t-il alors que la garde des Sceaux Nicole Belloubet a affirmé dimanche qu'"environ deux tiers" des personnes placées en garde à vue après les violences commises samedi à Paris feraient "l'objet d'un défèrement".

"L'ensemble des magistrats mobilisés". Pour l'occasion, deux chambres supplémentaires ont été allouées à ce dispositif exceptionnel, faisant grimper le nombre à cinq, contre trois habituellement. Cinq affaires pourront donc être jugées en même temps. "Nous nous devons d'apporter une réponse pénale extrêmement ferme", avait indiqué dimanche Nicole Belloubet, lors d'un point presse au Palais de justice de Paris. "C'est évidemment la raison pour laquelle l'ensemble des magistrats sont mobilisés", a-t-elle précisé. 

Des peines allant jusqu'à "la prison ferme". Quant aux peines encourues par les responsables des violences et des dégradations de la journée de samedi, elles vont dépendre "de la nature des infractions relevées et de la qualification pénale qui sera donnée", a pointé la ministre, tout en n'omettant pas d'appuyer que cela "peut aller d'un rappel à la loi à des peines de prison ferme".