"Gilets jaunes" : "C'était apocalyptique", déplore un commerçant

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De nombreux commerces parisiens ont été saccagés lors de la nouvelle journée de mobilisation des "gilets jaunes", samedi. "On a au minimum 30.000 à 40.000 euros de dégâts", déplore Joël, qui possède un magasin de cigarettes électroniques près de l'Arc de Triomphe.
TÉMOIGNAGE EUROPE 1

Un sentiment de désolation et de colère. Voilà ce que ressentent les commerçants dont les établissements ont été saccagés par les "gilets jaunes" à Paris, au lendemain d'une nouvelle journée de mobilisation

"On a au minimum 30.000 à 40.000 euros de dégâts." "C'est comme si une tornade était passée avenue de la Grande Armée", se désole un commerçant. Toutes les vitrines sont en mille morceaux. Dans son magasin de cigarettes électroniques complètement dévalisé, Joël déblaye et fait les comptes : "Vous vous rendez compte de la force avec laquelle ils ont cassé ? Ils sont rentrés pour voler, ils ont tout volé. On a au minimum 30.000 à 40.000 euros de dégâts."

Le restaurant de Jordan est, lui aussi, victime des casseurs une nouvelle fois. "Déjà la semaine dernière, ils ont cassé, ils ont volé la marchandise. Là, c'est encore plus dramatique. Il y a carrément la baie vitrée qui a explosé, les frigos qui ont été jetés par terre. J'ai refait tous les travaux cette semaine pour rouvrir lundi et aujourd'hui, je me retrouve encore bloqué à devoir fermer", déplore le restaurateur.

"Je fais comment ? Je ne sais plus par quel bout commencer." Un peu plus loin, une pharmacie est éventrée, vandalisée. Les casseurs ont pris le soin d'embarquer la caméra de surveillance. "C'est anormal que l'on vive ça. Samedi dernier, j'ai même aidé les gens en donnant des masques pour se protéger, en donnant du sérum physiologique. Bien sûr, ce ne sont pas eux qui ont fait ça mais c'est désolant. Là, je fais comment ? Je ne sais plus par quel bout commencer", se lamente Imane, la propriétaire des lieux. La police patrouillait dans le secteur pendant toute la soirée de samedi afin d'éviter d'éventuels pillages.

Dans le quartier de la rue de Rivoli, l’énorme grille noire est encore affalée sur la route qui mène au jardin des Tuileries, dimanche matin. L’un des manifestants a été écrasé sous le poids de la grille et se trouve toujours en urgence absolue.

"C'était complètement apocalyptique." Juste en face, une boutique de vêtements a été entièrement pillée. De grandes planches de bois recouvrent le trou béant qui remplace maintenant la vitrine. Juste à côté, le patron d’un café restaurant déplace des dizaines de grosses chaises métalliques qui, samedi midi, se trouvaient encore au jardin des Tuileries. "Ils en ont fait une barricade, ils ont tout foutu au milieu de la route. Là, on dégage le trottoir pour que les clients puissent accéder au restaurant", décrit-il au micro d'Europe 1. "Hier, on a fermé à 17h15. Les CRS étaient à l’angle de la rue, les casseurs étaient côté Rivoli, et nous on était juste entre les deux. C’était complètement apocalyptique."

Les commerces s'activent ce dimanche matin pour rouvrir et les engins de nettoyage de la ville commencent tout juste leur travail. Même si certaines rues sont encore bloquées par des restes de barricades, il faut encore faire quelques embardées sur plusieurs routes pour éviter les grilles de chantier qui se trouvent encore en plein milieu.

Europe 1
Par Jean-Gabriel Bourgeois et Pierre Herbulot, édité par Anaïs Huet et Grégoire Duhourcau