Des milliers de personnes ont manifesté à Paris, Bordeaux et ailleurs contre le projet de loi Ripost, qui durcit la répression des free parties. Les participants défendent ces événements comme des espaces de liberté et d'autogestion, tandis que le texte vise à renforcer les sanctions et que les autorités évoquent des risques et nuisances.
Visé par le projet de loi Ripost, qui prévoit un durcissement inédit de la répression, le mouvement des free parties se mobilise depuis plusieurs semaines pour défendre ce qu’il considère comme un espace culturel et social à part entière. Samedi, plusieurs milliers de personnes ont manifesté à Paris et à Bordeaux contre un texte jugé par ses opposants comme restrictif et déséquilibré.
Dans la capitale, les participants, en grande majorité jeunes, ont défilé derrière des camions diffusant techno, trance et électro, dans une ambiance à la fois festive et revendicative. À l’appel de collectifs de défense du mouvement, la mobilisation s’est étendue à une trentaine de villes ce week-end, avec d’autres rassemblements annoncés début juin.
Les free parties défendent un espace de liberté
Adopté au Sénat et en attente d’examen à l’Assemblée nationale, le projet de loi Ripost vise notamment à renforcer les sanctions liées à plusieurs types de rassemblements non institutionnels, dont les free parties, ainsi que d’autres phénomènes comme les rodéos motorisés ou les violences dans les stades. Le texte prévoit jusqu’à deux ans de prison et 30 000 euros d’amende pour les organisateurs, et jusqu’à six mois de prison et 7 500 euros d’amende pour les participants. Le seuil de déclaration en préfecture serait abaissé de 500 à 250 personnes.
Les free parties, organisées autour de la musique électronique en dehors des circuits commerciaux classiques, sont défendues par leurs participants comme des espaces autogérés fondés sur la liberté, le partage et une forme d’organisation collective. Dans le cortège parisien, les slogans "Nos raves sont réalité" ou encore "Les teufeurs ne sont pas des criminels" ont accompagné la marche.
Pour beaucoup, ces événements représentent surtout un lieu de sociabilité et de respiration, où la musique et l’autogestion priment sur les logiques de consommation. Plusieurs participants évoquent un espace difficile à retrouver ailleurs, loin des cadres plus normés des clubs ou des festivals traditionnels.
Un texte critiqué mais justifié par les autorités
À Bordeaux, environ 2.500 personnes ont également pris part à une "manifestive", selon la préfecture, dans une ambiance similaire. Les collectifs à l’origine de la mobilisation appellent à poursuivre les rassemblements dans les prochaines semaines.
Si leurs défenseurs mettent en avant un modèle d’organisation autonome et festif, les autorités soulignent de leur côté les nuisances régulièrement associées à ces événements non déclarés : problèmes de sécurité, gestion des déchets, occupation illégale de terrains et risques liés au son ou aux conditions d’installation. Un équilibre que le débat autour du texte Ripost entend précisément trancher.