D'une flûte ou d'une cloche normande, d'où vient l'expression "à tire-larigot" ?

, modifié à
  • A
  • A
Partagez sur :
Dans l'émission d'Europe 1 "Historiquement vôtre", Stéphane Bern se penche sur les racines d'une expression que l'on utilise au quotidien. Vendredi, il s'intéresse aux origines d'"à tire-larigot", tombée un peu en désuétude, et qui désigne quelque chose en grande quantité.

Stéphane Bern propose chaque jour, dans Historiquement vôtre avec Matthieu Noël, de partir à la découverte de ces expressions que l'on utilise au quotidien sans forcément connaître leur origine. Vendredi, l'animateur nous explique d'où vient une tournure qui signifie que quelque chose se trouve en grande quantité : "à tire-larigot". Et plus particulièrement "boire à tire-larigot". Cette expression, dans laquelle le tiret ne doit pas être oublié, n'a pas de provenance claire, mais deux hypothèses s'affrontent. Toutes deux évoquent un instrument de musique, une flûte ou une cloche, et de l'alcool.

Jouer de la flûte comme on boit un verre

Au 15e siècle, tirer est souvent associé à la boisson. "Quand le vin est tiré, il faut le boire" dit-on à l'époque. Le larigot, lui, est une flûte qu'on utilise pour faire de la musique. Or, tenir une flûte verticalement peut ressembler à l'action de boire : l'association des deux a donné l'expression "boire à tire-larigot". 

Tirer la Rigaud

Mais une autre hypothèse existe. Rouen, en Seine-Maritime, est célèbre pour sa cathédrale gothique, la troisième plus grande du monde. Et cette dernière abrite en son sein une cloche : la Rigaud. Elle a été offerte par l'archevêque Eudes Rigaud à la fin du 13e siècle. Cette cloche avait besoin de douze hommes pour la tirer. On raconte même qu'une somme d'argent était dédiée pour offrir du vin aux gros bras qui se chargeaient de la faire sonner. La promesse de s'enivrer après avoir tiré la Rigaud aurait donné l'expression, ainsi qu'une chanson paillarde. 

Aux Etats-Unis, boire abondamment va se dire "to drink like there is no tomorrow", boire comme s'il n'y avait pas de lendemain. Une formulation qui n'incite pas à la modération et qui prépare, justement, des lendemains difficiles.

Europe 1
Par Stéphane Bern