Fleury-Mérogis : manifestation "anti-surveillants" devant la prison

, modifié à
  • A
  • A
La situation est explosive à la prison de Fleury-Mérogis.
La situation est explosive à la prison de Fleury-Mérogis. © PHILIPPE LOPEZ / AFP
Partagez sur :
Les surveillants pénitentiaires de Fleury-Mérogis affirment avoir été la cible d’insultes et de menaces de mort samedi, lors d'une manifestation devant la prison.

Une manifestation "anti-surveillants" a eu lieu samedi matin devant la prison de Fleury-Mérogis, dans l'Essonne, à l'appel du collectif Justice pour Lucas, du nom d'un détenu mort au sein de la prison le 21 juillet dernier, selon des syndicats pénitentiaires. D’après le syndicat FO Pénitentiaire joint par Europe 1, une cinquantaine de personnes ont manifesté pendant près de deux heures sur le parvis de la prison, appelant à des actes violents à l’encontre des surveillants. 

"Ils avaient des mégaphones, ils ont hurlé des insultes au personnel qui sortait, les traitant d’assassins", raconte Stéphane Touil, délégué régional du syndicat. Les manifestants "ont filmé et photographié les surveillants, ce qui est interdit, en toute impunité. Les surveillants sont écœurés", a-t-il ajouté. 

Suicide ou passage à tabac ? Le collectif Justice pour Lucas réclame une enquête sur la mort de Lucas Harel, un jeune homme de 21 ans mort au sein de la prison le 21 juillet dernier. D’après l’administration pénitentiaire, le détenu s’est suicidé après s’être entretenu au parloir avec sa mère, mais ses proches ne croient pas à cette version et estiment qu’il a été passé à tabac dans sa cellule par des surveillants. Il s’agit du deuxième rassemblement à l’appel du collectif. FO Pénitentiaire a saisi le directeur de l’administration pénitentiaire, tandis que le délégué du syndicat UNSA à Fleury-Mérogis demande à l’État "de réagir".

De son côté, le collectif dément catégoriquement toute incitation à la haine et jets de projectiles sur le personnel pénitentiaire lors du rassemblement. "Notre manifestation n’était en aucun cas une manifestation sauvage, nous n’avons pas entraver l’entrée des parloirs, ni même la circulation sur la voie publique", fait savoir le collectif sur Facebook

Europe 1
Par Salomé Legrand