Feu vert à la destruction controversée de barrages près du Mont Saint-Michel

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Le barrage dit de Vezins (ci-dessus) et celui de La Roche-Qui-Boit produisent 0,04% de l'électricité française.
Le barrage dit de Vezins (ci-dessus) et celui de La Roche-Qui-Boit produisent 0,04% de l'électricité française. © MYCHELE DANIAU / AFP
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Le préfet de la Manche a autorisé la destruction prochaine des barrages hydroélectriques de Vezins et La Roche-qui-Boit. 

Le préfet de la Manche a signé les arrêtés autorisant la destruction des barrages hydroélectriques de Vezins et La Roche-qui-Boit, situés sur la Sélune, à 30 km du Mont-Saint-Michel, a annoncé mercredi la préfecture.

Après des années de tergiversations, ces actes concrétisent l'annonce en novembre 2017 par Nicolas Hulot, alors ministre de la Transition écologique, de cette "opération unique en Europe" devant contribuer à la "reconquête de la biodiversité". 

Ségolène Royal avait suspendu la destruction en 2014. Une décision de destruction des barrages avait d'abord été prise en 2009 par la France pour "mettre le site en conformité avec le droit européen". Mais en 2014, Ségolène Royal, alors ministre, l'avait suspendue en estimant qu'il fallait étudier des solutions alternatives. "90 km de cours d'eau seront entièrement ouverts à la reconquête de la biodiversité, notamment grâce au retour naturel d'espèces aquatiques emblématiques comme le saumon de l'Atlantique et l'anguille européenne", avait précisé le ministère en 2017.

Au préalable à sa destruction, une délicate vidange du barrage de Vezins a été menée de mai à septembre. Près 500.000 m3 de sédiments sur lesquels il y avait suspicion de pollution avaient auparavant été confinés sur place, pour 20 millions d'euros, selon l'État. La dernière vidange intervenue en 1993 sur ce barrage avait provoqué une grave pollution de la baie du Mont, classée au patrimoine mondial de l'Unesco.

Le barrage de Vezins doit être détruit d'ici à l'automne 2019. Le barrage de Vezins (26 mètres de haut, 280 mètres de long), propriété de l'État, et celui de La Roche-qui-Boit, propriété d'EDF, datent respectivement de 1916 et 1926 et produisaient en 2012, 0,04% de la production électrique française. Leur destruction est contestée localement car elle implique la disparition d'une base nautique. La destruction du barrage de Vezins doit avoir lieu d'ici à l'automne 2019. La vidange du barrage de la Roche-qui-Boit doit intervenir à partir de 2020/2021, avait indiqué l'Etat en 2017.